Prix du baril : la hausse des stocks US annihile l’impact du décès de Chavez

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Il fallait s’en douter … Alors que le Venezuela constitue l’un des pays les plus importants au niveau mondial en terme de production et d’exportation de pétrole, les investisseurs auront fortement réagi à l’annonce du décès du président vénézuelien, Hugo Chavez. Fuseaux horaires « obligent », les marchés asiatiques auront été les premiers à intégrer la nouvelle à leur manière. La hausse des stocks de brut US inversant néanmoins la tendance en cours de journée sur les places boursières occidentales.

Tant aux Etats-Unis que sur le continent asiatique, les investisseurs considèrent que la mort du président ouvre la voie à une période d’incertitude au Venezuela, alors que le pays constitue le principal producteur de brut en Amérique du Sud. Tandis qu’une élection présidentielle anticipée doit intervenir dans les trente jours, les marchés s’interrogent également sur l’impact direct de la situation politique du pays sur l’approvisionnement en pétrole.

Placé au quatrième rang des pays producteurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et cinquième exportateur mondial, le Venezuela produit entre 2,3 et 3 millions de barils/jour. Disposant de réserves parmi les plus importantes au monde.

Certains analystes considèrent d’ores et déjà que le nouveau président du Venezuela devrait selon toutes attentes maintenir la politique actuelle du pays indépendamment de son appartenance politique, l’économie vénézuélienne étant trop dépendante de la manne pétrolière pour pouvoir s’affranchir de ses exportations de brut, le manque de capacités de raffinage contraignant parallèlement le Venezuela à importer des produits pétroliers, notamment en provenance des Etats-Unis.
D’autres experts redoutent quant à eux qu’une ouverture du pays n’aboutisse à une hausse significative de l’offre sur le marché du pétrole, contexte de nature à faire baisser le cours du pétrole.

Mais si le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en avril aura pu gagner 19 cents, à 91,01 dollars en début de séance, le baril de Brent de la mer du Nord à même échéance grimpant parallèlement de 53 cents, à 112,14 dollars, la forte hausse des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis aura eu raison de la tendance haussière.

Au final, le baril de light sweet crude aura cédé 39 cents à 90,43 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Tandis qu’à Londres, le baril de Brent de la mer du Nord achevait la journée à 111,06 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 55 cents par rapport à la clôture de mardi.

Alors que les réserves de brut se situaient d’ores et déjà à leur plus haut niveau depuis l’été dernier, le Département à l’Energie US a fait état d’une hausse de 3,8 millions de barils des stocks lors de la semaine achevée le 1er mars, des chiffres près de huit fois plus importants que ceux issus des prévisions des analystes.

Rappelons que lors des six semaines précédentes, les stocks avaient déjà augmenté de près de 17 millions de barils. Situation laissant entrevoir l’émergence d’une offre pléthorique.

Phénomène accentué par le ralentissement de l’activité des raffineries observé au cours de la semaine précédente, lequel diminue de facto la demande en brut et la hausse des réserves.

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 06 mars 2013

Sources : AFP, Reuters, Le Monde


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