Quand Daesh s’invite dans la campagne présidentielle américaine

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Quand Daesh s’invite au sein même de la campagne présidentielle américaine. Selon le gouverneur de l’Indiana Mike Pence, la politique menée par l’actuel président américain Barack Obama et ancien secrétaire d’Etat Hillary Clinton a conduit à la montée de Daesh ( ISIS ) dans la région du Moyen-Orient.

S’exprimant dans le cadre d’une déclaration dimanche soir, Pence, le vice-candidat républicain a vivement critiqué Obama et la candidate démocrate Hillary Clinton pour leurs « décisions désastreuses» qui ont conduit à la mort du capitaine Humayun Khan en Irak. Des propos qui interviennent alors que la polémique opposant Donald Trump aux parents de ce capitaine musulman de l’US Army  s’enflamme de jour en jour.

Lors de la convention démocrate ayant investi Hillary Clinton, Khizr Khan, père de ce soldat américain, a fustigé les positions de Donald Trump à l’égard des musulmans. Ce citoyen américain d’origine pakistanaise et de confession musulmane, s’exprimait seul lors de cette allocution à la tribune de la convention de Philadelphie tandis que sa femme Ghazala se tenait silencieuse à ses côtés. Affirmant être la cible d’une attaque « malveillante », Donald Trump a exploité le silence de Ghazala Khan en suggérant qu’elle n’avait pas été « autorisée » à s’exprimer, faisant ainsi allusion à la soumission des femmes chez les traditionalistes musulmans.

«  Le capitaine Khan a donné sa vie pour défendre notre pays dans la guerre mondiale contre le terrorisme . En raison des décisions désastreuses de Barack Obama et Hillary Clinton, le Moyen-Orient a été envahie par ISIS. Ce n’est pas acceptable », a déclaré pour sa part Pence.

« En suspendant l’immigration en provenance des pays qui ont été compromis par le terrorisme, en reconstruisant notre armée , en frappant ISIS à sa source et en déployant nos forces sur la scène mondiale , nous allons réduire la probabilité que d’autres familles américaines devront faire face au chagrin infini de la famille Khan ,  » a-t-il ajouté.

Dans une tribune publiée dimanche par le Washington Post, Ghazala Khan explique être restée silencieuse pendant l’intervention de son mari afin de contenir son chagrin devant les délégués de la convention démocrate. La mère de famille est également intervenue à la télévision pour déclarer qu’elle s’était toujours sentie en sécurité en tant que musulmane vivant aux Etats-Unis.

Donald Trump a quant à lui tenté de trouver une sortie honorable en déclarant notamment que le problème n’était pas Khizr Khan mais « le terrorisme de l’islam radical« .

En dehors de la polémique sur l’attitude de Trump face à la famille Khan, nous nous attarderons quant à nous à la politique menée par Barack Obama envers Daesh. L’officiel et l’officieuse.

En novembre 2015, alors que des soupçons quant aux possibles accointances entre Daesh / Etat islamique et Washington émergeaient de plus en plus ici là sous forte odeur de pétrole et de papier monnaie … Barack Obama avait affirmé que les Etats-Unis et leurs alliés poursuivraient sans relâche leur lutte contre les extrémistes de l’Etat islamique (EI). Mieux encore, il avait même promis que les USA « couperont les sources de financement du groupe djihadiste et traqueraient ses dirigeants ». Vaste sujet …

« Détruire (l’Etat islamique) n’est pas seulement un objectif réaliste, c’est une tâche que nous allons mener au bout », avait ainsi déclaré le président américain lors d’une conférence de presse à Kuala Lumpur, où avait lieu le sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean).

« Nous les éliminerons. Nous reprendrons les terres où ils sont, nous supprimerons leurs financements, nous traquerons leurs dirigeants, nous démantèlerons leurs réseaux, leurs lignes de ravitaillement, et nous les éliminerons » avait-t-il ainsi déclaré grandiloquent.

Le Président américain avait alors par ailleurs affirmé qu’aller à Paris pour la conférence sur le climat montrera que « nous n’avons pas peur » des terroristes.

Barack Obama avait également ajouté qu’il « serait utile » que la Russie, engagée dans une campagne de frappes aériennes en Syrie depuis la fin septembre 2015, concentre ses efforts sur les cibles de l’EI. Il avait dit espérer que Moscou finirait par accepter une transition politique en Syrie incluant le départ du président Bachar al Assad.

Des propos qui résonnent étrangement avec ceux de notre précédent article laissant entrevoir des liens éventuels voire probables entre USA et Daesh, soupçons que Poutine avait de nouveau formulé lors de sa participation au G20.

Le 13 août 2014, reprenant une analyse du quotidien Nezavissimaïa Gazeta, l’agence de presse russe  Ria Novosti, avait également dénoncé à son tour le fait que les terroristes de EI bénéficient en réalité d’un soutien financier, matériel et militaire pratiquement illimité du Qatar, et indirectement des États-Unis et de l’UE.

Après avoir rappelé que « les organisations terroristes islamistes, comme Al-Qaïda ou les talibans, ont été créés par la CIA, le Pentagone et le département d’État », les médias russes soulignaient ainsi ,  « qu’avec le consentement silencieux, voire parfois le soutien direct de Washington et de ses alliés occidentaux et régionaux, le terrorisme international se répand sur la planète, représentant une menace toujours plus importante pour l’humanité. »

Lors du sommet du G20, qui s’est tenu du 14 au 16 novembre dernier en Turquie, soit le lendemain des attentats perpétrés à Paris, le président russe Vladimir Poutine a souligné que la Russie avait présenté des exemples de financement des terroristes par des personnes physiques venant de 40 pays, y compris des pays-membres du G20.
Lors du sommet «j’ai donné des exemples basées sur nos données du financement de Daesh par des individus privés. Cet argent vient de 40 pays, parmi lesquels participent des pays-membres du G20», avait ainsi précisé Vladimir Poutine. Lequel a également évoqué la nécessité urgente d’empêcher la vente illégale de pétrole, laquelle rentre pour une bonne part dans le financement de Daesh comme nous l’indiquions dans un précédent article.
Au final, si l’« État islamique » et les terroristes d’Al Nosra-Al Qaïda sont officiellement combattus, de plus en plus d’éléments laissent à croire qu’ils sont en réalité soutenus discrètement, par Washington et ses vassaux.

On ne peut ainsi que s’étonner que les « frappes aériennes » occidentales contre ces mouvements aient obtenu si peu de résultats depuis plusieurs semestres, alors qu’elles étaient venus à bout de l’armada irakienne de Saddam Hussein en 3 semaines. Rappelons ainsi que la guerre contre l’Irak a été déclarée par George W. Bush le 20 mars 2003 et que Bagdad est tombée le 12 avril de la même année.
Le Canard enchaîné du 6 octobre se veut quant à lui beaucoup plus direct, affirmant que les pilotes américains et alliés de la coalition opérant en Syrie et en Irak ont reçu l’ordre de ne jamais frapper les terroristes du groupe Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda.

« La Turquie (membre de l’Otan), l’Arabie saoudite et le Qatar (alliés et clients des Etats-Unis et de la France) arment et financent cette Armée de la Conquête », une force « dirigée par le Front Al-Nosra », écrit ainsi le journal.

« Les pilotes américains et alliés ont, voilà plus d’un an, reçu l’ordre de ne jamais balancer le moindre missile sur ces héritiers de Ben Laden », poursuit le Canard. Ajoutant que « c’est l’armée de Bachar, avec le soutien militaire de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah, qui a empêché Daesh de planter ses drapeaux noirs sur Damas ».

Elisabeth Studer – 02 août 2016 – www.leblogfinance.com

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