Quatre patrons sur cinq d’accord avec la prime « Macron »

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Les grands groupes ont sortis leur artillerie lourde : depuis l’annonce d’une prime défiscalisée proposée par le Président de la République dans son allocation du 11 décembre, nombreuses ont été les entreprises à avoir répondu positivement. Les premiers à réagir ont été les opérateurs de téléphone : Orange, Free et Altice ont tiré quasiment ensemble. A moins que cela ne soit Publicis qui ait été en pole-position, sous la forme d’un message de son patron opérationnel, Arthur Sadoun. Les géants du luxe (LVMH, Kering) leur ont emboîté le pas. Dans la banque, le Crédit agricole Ile-de-France et le Crédit Mutuel-CIC se sont déjà engagés, et Frédéric Oudéa (Société générale) a promis de l’inclure dans la NAO (Négociation annuelle obligatoire) dès le 12 décembre, le soir où il recevait le Prix du patron digital par le conseil en ressources humaines RH&M. Lors de cette même soirée, Antoine Frérot (Veolia) étrennait son prix du Patron d’exception, avec mention  » excellence citoyenne « , en s’engageant à verser une prime, l’assortissant cependant d’un plafond salarial, solution également choisie par Michelin (le plafond est de 34 000 euros annuels pour le manufacturier). Le montant de la prime est généralement de 1 000 euros dans ces grands groupes, sauf pour Total, qui, préparant l’opinion à l’annonce des plus gros profits de France, a opté pour faire ce qui sera sans doute la plus grosse prime de France (1 500 euros)…

Si la réaction des grands groupes va très majoritairement dans le même sens, qu’en est-il des entreprises plus petites ? Comme l’avait manifesté Geoffroy Roux de Bézieux à la même réception de RH&M, le président du Medef, dont l’adhérent moyen a 47 salariés, l’accueil n’était pas aussi unanimes. Il recommandait néanmoins à ses adhérents de jouer le jeu et donc d’accorder une prime à leurs salariés  » si les résultats 2018 sont bons, si l’entreprise se porte bien, et si cela contribue à partager la valeur « .

70% des patrons d’Ethic tentés par la prime

Aujourd’hui, le mouvement patronale Ethic, présidé par Sophie de Menthon apporte une réponse complémentaire par le biais d’un sondage aléatoire auprès de 120 de ses adhérents. La réponse est là encore sans appel : 81 % des chefs d’entreprises interrogés estiment que « cette prime est une bonne chose ». Et ils sont 70 % à envisager de la donner, tandis que 13 % n’ont pas encore statué et 17 % ont d’ores et déjà décidé de ne pas la verser. Différents motifs sont avancés parmi ces derniers, relevés par Ethic : « Cela flingue la réforme favorable de l’intéressement qui, lui est sur objectif », dit l’un ; « La crise des gilets jaunes a détruit la trésorerie de mon entreprise », mentionne un autre ; « Je suis scandalisée par cette manière de rejeter indirectement sur les entreprises la responsabilité des politiques », s’emporte un troisième.

Loin de ces esprits grincheux, Sophie de Menthon, qui revendique l’idée de cette « prime exceptionnelle de fin d’année », évoquée pour la première fois dans un courrier qu’elle avait adressé dès le 30 novembre à Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, pouvait pavoiser aujourd’hui. Reçue à Matignon avec 19 autres membres de son mouvement, elle a constaté que dans cette délégation, la prime faisait la quasi-unanimité.

Un autre patron de PME, rencontré par la rédaction de Challenges était aussi sur un petit nuage : « C’est génial », se réjouissait Julien Tuffery, dirigeant éponyme d’une fabrique de vêtements en jean made in France (1,2 millions d’euros de chiffre d’affaires). Il a d’ores et déjà prévu de présenter cette semaine la prime qu’il va attribuer à la dizaine de salariés de l’entreprise, à l’occasion du déjeuner de Noël prévu avec sa petite équipe. La décision a été prise dès le lendemain des annonces d’Emmanuel Macron. « Je me suis renseigné auprès d’un cabinet de conseils juridiques pour savoir comme la mettre en œuvre. Au-delà de la réponse financière, il s’agit d’un outil de management puissant, explique-t-il. Sans la défiscalisation et l’effacement des cotisations sociales, il aurait fallu que je prenne 2 800 euros pour que 1 000 euros soit effectivement perçus par les salariés. »

C’est tout le calcul d’Emmanuel Macron.

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