Renault : l’Etat ne souhaite pas faire perdre de l’argent aux Français en cédant ses parts

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Alors que les élections présidentielles pourraient changer la donne, le ministre des Finances, Michel Sapin a déclaré jeudi sur BFM Business que les conditions n’étaient pas réunies pour que l’Etat réduise sa participation dans Renault. Rappelons qu’il s’est néanmoins engagé à le faire il y a deux ans. Une déclaration qui intervient également alors qu’une odeur de scandale flotte à nouveau autour de la marque au losange, empêtrée elle-aussi dans le dieselgate.

Le ministre a toutefois tenu à préciser que la participation de l’Etat au capital du constructeur automobile, passée de 15% à 19,74% en 2015, n’avait pas progressé pour demeurer ainsi « pour l’éternité ».
Mais en tant que gestionnaire des intérêts de l’Etat, Michel Sapin souhaite comparer le niveau des cours actuels et des cours en vigueur lors de l’achat des actions, histoire, selon lui de ne pas «  faire perdre de l’argent aux Français ». Certaines participations « peuvent être remises sur le marché, mais il faut le faire dans les meilleures conditions possibles », a poursuivi le ministre des Finances.

Quasiment les mêmes propos que ceux martelés par Emmanuel Macron, alors ministre, en janvier 2016 lors de l’inauguration d’une usine de bus électriques du groupe Bolloré près de Quimper. Le désormais candidat aux élections présidentielles avait alors indiqué : « on va rester très calme et on va le faire posément, au bon moment ». Emmanuel Macron avait alors tenu à se montrer rassurant, indiquant qu’il n’était « pas inquiet par rapport aux éléments d’excitation » ayant conduit à la chute des cours. Estimant avant toute chose de « laisser la commission indépendante faire son travail en ce qui concerne les émissions et la DGCCRF en ce qui concerne l’information aux consommateurs ».

Pour rappel, en avril 2015, l’Etat avait relevé sa participation dans Renault, présentant l’opération comme une mesure temporaire. Son objectif était alors de s’assurer de l’adoption de droits de vote doubles par l’assemblée générale du groupe, conformément à la loi Florange. A cette période, le cours du titre avoisinait 90 euros.

Le 15 mars dernier, l’action du cons­tructeur a reculé de 3,7% le 15 mars, chutant à nouveau de 3,4% le lendemain, dans des volumes d’échanges quatre fois supérieurs à la moyenne. Cette dégringolade faisait suite à la publication d’extraits du rapport de la Répression des fraudes (DGCCRF) transmis au parquet de Paris dans le cadre de l’affaire des émissions d’oxydes d’azote. La DGCCRF soupçonne Renault d’avoir trompé ses clients sur le véritable niveau de pollution de certains de ses moteurs Diesel.

Si Renault était pris la main dans le sac, l’amende pourrait atteindre 3,5 milliards d’euros en France, ce qui correspond à 95% de la trésorerie nette de Renault estimée à fin 2017.
Depuis le début de l’année, le titre Renault a perdu 7,6%, l’indice des grandes valeurs européennes du secteur automobile progressant parallèlement de 1,2%.

Sources : Agefi, Dow Jones, AFP, BMF Business
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