Ségolène Royal reconnaît une trop forte dépendance au nucléaire

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Enfin ! Serait-on tenté de dire … Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement, a concédé mardi que la France avait « une trop forte dépendance » au nucléaire. Des propos qui interviennent alors que que les pouvoirs publics appellent à limiter la consommation électrique en raison de la vague de froid.

« On le voit actuellement qu’il y a une trop forte dépendance puisque, dès qu’il y a plusieurs réacteurs à l’arrêt pour des raisons de contrôles de la sûreté nucléaire par l’ASN [Autorité de sûreté nucléaire, ndlr], on se rend compte qu’il y a une tension sur l’énergie », a ainsi déclaré Ségolène Royal lors de la cérémonie de voeux de son ministère.

La ministre a par ailleurs insisté sur le besoin de rééquilibrer le mix énergétique en France, en prenant appui sur la loi de transition énergétique. Cette dernière prévoit de ramener de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025.

Selon RTE, en 2015, près de 76,3% de l’électricité produite en France métropolitaine a été générée par le parc nucléaire.  A l’heure actuelle, une partie du parc nucléaire français est à l’arrêt pour vérification, après la découverte d’un défaut de conception sur la cuve de l’EPR en construction à Flamanville. L’Autorité de sûreté nucléaire, gendarme du secteur, a en effet demandé une série de tests et l’arrêt de 12 réacteurs pour contrôler la résistance des fonds des générateurs de vapeur après la mise en évidence d’un risque de rupture.

Parmi les alternatives possibles figurent notamment la production d’électricité via des centrales thermiques, lesquelles impliquent toutefois une plus grande dépendance énergétique vis à vis des pays producteurs.

Le gestionnaire du réseau de transport de gaz GRTgaz a parallèlement indiqué mardi que la consommation française de gaz avait progressé de 9,9% en 2016 par rapport à l’année précédente, à 463 térawatts/heure, en raison notamment d’une augmentation de la production des centrales thermiques au gaz.

Selon les données de GRTgaz, (filiale à 75% d’Engie), la consommation de gaz des industriels a augmenté de 16,3% en 2016, dopée par une hausse record de 75,3% du gaz utilisé pour produire de l’électricité, principalement en raison d’une moindre production issue des centrales nucléaires françaises.

Autre alternative mise en avant par la ministre : un changement des comportements. Selon elle, une telle attitude permettrait d’économiser la production de quatre réacteurs nucléaires et pourrait faire baisser le prix de l’électricité. Ségolène Royal ajoutant : « plus il y a de demande, plus il y a de tension sur les prix ».

La ministre a estimé que « d’un côté, on a beaucoup de gaspillage et de l’autre côté une précarité énergétique avec des gens qui n’ont pas les moyens de se chauffer ».  Laissant ainsi entendre que le fossé se creusait un peu plus chaque jour entre population aisée et population en difficulté.

Ségolène Royal a assuré avoir « demandé l’extinction de tous les bureaux la nuit », jugeant qu’il y avait « une marge d’action pour faire en sorte de diminuer la tension sur le courant et la précarité énergétique ». Quant aux véhicules électriques …. rien n’a été dit à ce sujet.

Rappelons tout de même qu’en février 2016, la ministre avait indiqué être prête à donner le feu vert pour prolonger de dix ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises, laquelle passerait ainsi de 40 à 50 ans. « Oui, je suis prête à donner ce feu vert, sous réserve de l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) », a ainsi déclaré la ministre sur France 3. Un des arguments avancés : ces centrales exploitées par EDF sont déjà amorties, et devraient donc produire une électricité meilleur marché.

Ségolène Royal avait toutefois tenu à préciser que le cas échéant, cette décision serait conforme à la volonté du gouvernement de réduire la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d’électricité, ceci en vue de développer les énergies renouvelables, tel que prévu par la loi de transition énergétique (LTE) adoptée en 2015.

Pour rappel, la loi de transition énergétique prévoit de réduire à 50% la part de l’atome dans la production électrique de la France à horizon 2025 et de plafonner la production nucléaire du pays à son niveau actuel de 63,2 gigawatts.

Sources : AFP, le Monde, France Info, GTRgaz

 

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