SMI : La Bourse suisse bat largement le CAC 40 et les autres indices européens en 2019

Mots-clefs : , , , , , ,

(BFM Bourse) – Le Swiss Market Index (SMI) qui regroupe les 20 principales valeurs de la Bourse helvète, enregistre une performance de 17,6% depuis le début de l’année 2019. Largement au-delà de ce que réalisent les autres grands indices européens.

Depuis le 1er janvier 2019, les actions suisses ont nettement surperformé les autres marchés européens. Au 15 août 2019, l’indice Swiss Market Index (SMI) affiche ainsi une hausse de 17,6% (rendement total incluant les dividendes), selon une étude de Florence Chernyak-Bosson, analyste chez Indosuez Wealth Management. Parmi les autres principaux indices européens, c’est le CAC 40 qui enregistre la deuxième meilleure performance avec un rendement total de 13,9%, suivi par le FTSE de la Bourse de Milan avec 13,4%. Loin derrière, on retrouve l’OMX de la Bourse de Stockholm (+9,8%), le “Footsie” britannique (+8,7%), le Dax allemand (+8,1%) et l’IBEX 35 de la Bourse de Madrid (+2,6%) tandis que les indices Euro Stoxx 50 et Stoxx Europe 500 affichent des performances négatives, avec respectivement des baisses de 5,2% et 5,1%.

Le SMI est le principal indice du SIX Swiss Ecxhange, qui gère la Bourse suisse depuis la fusion, en 1996, des Bourses de Zurich, Genève, Lausanne et Bâle. Il couvre environ 85% de la capitalisation boursière totale suisse. Et si les trois plus grosses capitalisations du marché, (Nestlé, Novartis et Roche) pesaient à elles seules près de 80% de l’indice jusqu’en juin 2017, SIX Swiss Exchange a modifié son règlement et son système de pondération de sorte qu’aucune entreprise ne puisse peser plus de 18% du SMI. Au niveau du SLI (le “Swiss Leader Index”) qui regroupe les 30 plus grandes capitalisations suisses, aucune valeur ne peut avoir une pondération supérieure à 9% de l’indice.

“Plusieurs forces structurelles”

Pour Florence Chernyak-Bosson, cette performance exceptionnelle enregistrée par les actions suisses tient au fait que celles-ci “bénéficient de plusieurs forces “structurelles””. “Premièrement, la composition du marché est orientée vers les actions de qualité, un facteur qui tend à réduire les risques de baisse en cas de turbulences sur les marchés, tout en permettant une participation à la hausse”, note l’analyste.

De plus, “les actions suisses se comparent favorablement aux obligations suisses pour les investisseurs en franc suisse, en particulier dans le contexte actuel de taux d’intérêt plus bas que jamais” poursuit Florence-Chernyak-Bosson, qui développe. “Le rendement des obligations de la Confédération (émises par la Banque nationale suisse, ndlr) à 10 ans s’établit actuellement à -1,1%, tandis que le rendement du dividende de l’indice SMI est de 3,4% (consensus 2019)”.

Le franc suisse, une valeur refuge

Autre avantage des actions suisses pour les investisseurs européens : l’exposition au franc suisse. De fait, “comme le franc suisse a tendance à s’apprécier en période de correction des marchés actions, cette exposition offre un certain filet de sécurité” indique l’analyste de Indosuez Wealth Management. “Par exemple, en 2018, l’indice SMI était en baisse de 7% (“total return” calculé en CHF) contre -11,8% et -10,7% pour l’indice Stoxx Europe 600 (tous deux en EUR). Mesurée en euros, la baisse du marché suisse fut limitée à -3,4%. L’exposition en francs suisses s’est également avérée bénéfique en 2001, 2002, 2008 et 2011, toutes les années ayant été marquées par une forte correction des marchés” relève-t-elle. Florence Chernyak-Bosson rappelle néanmoins que ce phénomène est à double tranchant, une hausse prolongée du CHF finissant par nuire aux résultats des entreprises suisses, qui sont principalement des sociétés exportatrices.

Les avantages sus-citées se traduisent par une valorisation plus élevée des actions suisses, note également l’analyste. Depuis 2009, le ratio des multiples cours sur bénéfices du marché suisse et de l’indice Stoxx 600 est compris entre 1 et 1,2, avec un sommet de 1,3 touché en septembre 2011. “Actuellement, le ratio cours sur bénéfices du SMI est de 16,4 fois les bénéfices 2019, contre 14 fois pour l’Indice Stoxx Europe 600, de sorte que le ratio de ces deux multiples atteint aujourd’hui 1,17”. Autrement dit, la prime de valorisation des actions suisses est supérieure de 17% à celle du Stoxx Europe 600, et Florence Chernyak-Bosson estime que cette prime de valorisation “pourrait rester élevée dans les mois à venir, surtout si les turbulences persistent sur les marchés”.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

Votre avis

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article