SNCF: avant le vote à l'Assemblée les syndicats dénoncent un passage « en force »

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A la veille du vote sur le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire à l’Assemblée nationale, les syndicats de cheminots dénoncent lundi un passage « en force » et réaffirment leur détermination, le quatrième épisode de grève devant débuter mardi soir.

« Le gouvernement franchit en force la première étape de son processus parlementaire », a déploré la CGT-Cheminots, 1ère force syndicale à la SNCF, dans un communiqué. La CGT appelle en conséquence à un « très haut niveau » de grève mercredi et jeudi, pour « imposer l’arrêt du processus parlementaire » et « arracher de véritables négociations ». « La victoire est à notre portée », écrit le syndicat, en rappelant également la journée de mobilisation interprofessionnelle de jeudi à l’initiative de la CGT et de Solidaires.

Pour la CFDT Cheminots, « la méthode du président » Emmanuel Macron est « plus encline au passage en force et à la surenchère qu’à la négociation », a-t-elle également critiqué dans un communiqué. L’organisation a formulé vingt propositions d’amendements, rappelle-t-elle, et « seules trois ont été actées favorablement », « après un mois de concertations sans réponses très argumentées ». Vendredi, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, avait malgré tout salué de « premières avancées ».

« Aggravation encore plus manifeste »

Pour SUD Rail, les amendements au texte de loi vont globalement « au contraire, dans le sens d’une dégradation et aggravation encore plus manifeste ». « Notamment sur le côté modernisation sociale du secteur », ou « nouveau pacte social dans l’entreprise, on recule plus qu’on avance », s’est insurgé Erik Meyer auprès de l’AFP. SUD-Rail prévoit de manifester mardi midi devant le ministère des Transports, où des réunions bilatérales sur « la modernisation sociale et la contractualisation dans le secteur ferroviaire » sont prévues.

La confirmation par Emmanuel Macron dimanche d’une reprise progressive d’une partie de la dette de la SNCF par l’État à partir du 1er janvier 2020 n’a par ailleurs pas convaincu. Cette dette devrait alors atteindre une cinquantaine de milliards d’euros. « Il n’y a aucun engagement ferme », s’est méfié M. Meyer, ni « chiffré » ni « précis » sur le calendrier. Selon lui, Emmanuel Macron essaie « vainement » de « désamorcer les choses ».

« La reprise partielle de la dette -et progressivement- entame la crédibilité de cette réforme », a déploré la CFDT. Pour Laurent Brun (CGT-Cheminots), « la revendication », c’est « la reprise de la dette en totalité », a-t-il souligné sur LCI, sans quoi l’État ne fera « que maintenir la tête hors de l’eau » à la future entreprise qui devrait remplacer la SNCF.

(Avec AFP)

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