SNCF: Pepy annonce un « nouveau pacte social », une « provocation » pour les syndicats

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Le patron de la SNCF Guillaume Pepy est repassé à l’offensive sur le statut des cheminots en précisant que le « nouveau pacte social » de la compagnie ferroviaire concernerait tous les agents, au grand dam des principaux syndicats, qui crient à la « provocation ».

« Il ne peut y avoir de SNCF à deux vitesses, avec les statutaires d’un côté, et les nouveaux salariés, de l’autre », expose Guillaume Pepy au cours d’un entretien publié jeudi par Les Échos dans lequel il annonce un « nouveau pacte social » pour « tous les cheminots », y compris donc ceux qui ont été embauchés au statut.

Va-t-il leur « demander des efforts » ? « Oui », répond le patron de la SNCF, provoquant l’ire des syndicats, trois mois après l’adoption de la réforme ferroviaire malgré une grève d’une durée inédite de 36 jours.

Les deux premières organisations représentatives, la CGT Cheminots et l’Unsa Ferroviaire, ont dénoncé une « politique du champ de ruines » et une « provocation » dans des communiqués.

Pour l’Unsa Ferroviaire, Guillaume Pepy « joue clairement la carte de la provocation » et « souffle sur des braises ».

Dans cet entretien où il donne les grandes lignes de sa stratégie dans la perspective de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs à partir de décembre 2019, le patron de la SNCF indique que les « dispositions du statut vont bouger ».

« On nous disait que le statut serait conservé en l’état, on voit aujourd’hui que c’est faux: les masques tombent », a réagi Erik Meyer, porte-parole de Sud Rail (3e syndicat), contacté par l’AFP.

Selon lui, le patron de la SNCF « n’a pas découvert maintenant » que la réforme ferroviaire créerait un « double statut ».

À partir du 1er janvier 2020, en vertu de celle-ci, les nouvelles recrues ne seront plus embauchées au statut mais dans un cadre contractuel qui reste à négocier.

– Des garanties du statut « préservées » –

Le « nouveau pacte social » sera « différent d’aujourd’hui mais pas moins attractif », assure Guillaume Pepy en listant les « garanties fondamentales du statut » qui seront « préservées »: celles sur « l’emploi, le droit syndical ou encore le régime de retraite ».

Des rails ferroviaires à Aix-en-Provence, pris le 1er juillet 2018 (AFP/Archives - JOEL SAGET)

Des rails ferroviaires à Aix-en-Provence, pris le 1er juillet 2018 (AFP/Archives – JOEL SAGET)

En revanche, « l’automaticité de la progression professionnelle » devra « être renégociée avec les partenaires sociaux », annonce-t-il, afin que « les salariés d’aujourd’hui comme ceux de demain soient traités avec équité ».

Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots (4e syndicat), estime, à contre-courant des autres organisations syndicales, qu’il est « évident » que le nouveau pacte doit « concerner tous les cheminots ».

L’important, estime-t-il, est la « négociation à venir » pour obtenir un « pacte attractif »: « Nous avons l’habitude des sorties de M. Pepy, ça ne nous émeut plus ».

L’annonce d’un « pacte social » commun n’est qu’une demi-surprise: dès le mois de mars, Guillaume Pepy avait évoqué de possibles évolutions des conditions de travail des cheminots, y compris de ceux qui conserveraient le statut.

« Ça n’empêche pas de moderniser la façon dont on met en œuvre ce cadre statutaire, comment le processus de notation est fait, comment les processus de formation sont faits », avait expliqué à l’époque le patron de la SNCF.

Reste que pour l’Unsa, il est « inacceptable » que Guillaume Pepy annonce son intention de « durcir le nouveau pacte ferroviaire » en parallèle des négociations en cours sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire.

La future CCN fixera le cadre social qui s’appliquera à l’ensemble des salariés des entreprises du transport ferroviaire.

Didier Aubert s’interroge, lui, sur le calendrier de l’annonce, à quelques jours de la journée d’action interprofessionnelle de mardi prochain, pour laquelle la CGT Cheminots et Sud Rail ont appelé à la grève.

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