Takata : le comité directeur recommande le choix de KSS comme partenaire financier

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Si Takata a du récemment mettre les points sur les « i » en affirmant ne pas envisager un dépôt de bilan, tentant ainsi de faire taire rumeurs de presse et inquiétudes à son sujet, le comité externe mis en place il y a plusieurs mois pour tenter de trouver un investisseur vient de recommander l’offre de Key Safety Systems, groupe américain racheté en 2016 par le chinois Ningbo Joyson Electronic. L’information, d’abord relayée par des indiscrétions ce week-end, a par la suite était confirmée via un communiqué du fabricant d’airbags japonais lui-même.

Takata se trouve dans une très mauvaise passe depuis quelques mois, et se doit de trouver une solution pour tenter de redresser la barre. Il se voit ainsi contraint de sélectionner un soutien financier en vue de pouvoir éponger les frais générés par une vaste opération de remplacements d’airbags défaillants, après le décès de 16 personnes. Secoué depuis trois ans par le scandale, le groupe doit ainsi boucler prochainement des discussions clés avec des investisseurs potentiels. En 2016, le groupe japonais a mis sur pied un comité directeur en vue de procéder à la recherche d’un partenaire financier, [engageant la banque Lazard comme conseil].

Courant janvier, plusieurs médias indiquaient que le suédois Autoliv, premier groupe mondial dans le secteur des airbags, ainsi qu’un consortium mené par KSS, accompagné du fonds Bain Capital et de la firme japonaise Daicel étaient désormais les seuls sauveurs de Takata mais que les deux candidats potentiellement intéressés pour reprendre l’entreprise, ne souhaitaient pas assumer le passif. Leur volonté étant d’effacer les charges via un dépôt de bilan, pour poursuivre par un processus de redressement judiciaire.

Selon le quotidien économique japonais Nikkei, le suédois Autoliv, l’autre candidat en lice et premier groupe mondial dans le secteur des airbags, serait néanmoins désormais écarté par le comité, afin de satisfaire aux règles sur la concurrence. Takata lui-même contrôle en effet 20% du marché des ceintures et airbags. Le groupe japonais n’est toutefois pas tenu de suivre la proposition du comité, assurant ainsi n’avoir pas encore pris de décision à ce sujet.

Reste que l’information n’a pas eu l’heur de plaire aux actionnaires, le titre chutant lundi de 18,65 % à la Bourse de Tokyo, atteignant la limite de la baisse autorisée. Les investisseurs redoutent en effet que l’équipementier se voit contraint de passer par une procédure de redressement judiciaire, les constructeurs automobiles n’étant favorables à l’option Key Safety Systems qu’à cette condition. Partie prenante dans la bataille, ils ont en effet voie au chapitre, notamment après avoir supporté le coût des millions de rappels de véhicules.

Fin janvier, s’exprimant dans un communiqué le fabricant japonais avait indiqué ne pas prévoir d’opter pour un redressement judiciaire. Selon lui, ce choix rendrait difficile le maintien de la chaîne d’approvisionnement et perturberait donc la fourniture des airbags de remplacement. Il est vrai que compte-tenu de l’ampleur de la part de marché détenue par l’entreprise, une telle éventualité mettrait en péril les obligations contractuelles de Takata, rendant la situation très difficile pour ses clients tels que General Motors, Toyota, BMW, Fiat Chrysler ou Nissan. Arguments que met en avant lui-même le groupe japonais.

Sources : AFP, Reuters, Nikkei

Elisabeth Studer – 6 février 2017 – www.leblogfinance.com

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