TESLA INC. : L'inclusion prochaine de Tesla au S&P 500 accélère la folle spirale de hausse du titre

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(BFM Bourse) – De 80 milliards à fin décembre dernier, la valorisation du constructeur de véhicules électriques s’est envolée pour atteindre un record à plus de 540 milliards à la clôture de mercredi. Soit plus que Volkswagen, Toyota, Daimler, GM, BMW et Ferrari réunis. Ce qui n’est pas sans poser quelques soucis aux gérants de fonds.

Vers l’infini et au-delà. Déjà en hausse de 390% sur l’année au 16 novembre dernier, date de l’annonce de son inclusion au sein du S&P 500, le titre Tesla a encore accéléré depuis, s’adjugeant 40% supplémentaires à la faveur de six hausses lors des sept dernières séances. Avec un nouveau gain de 3,4% mercredi, le constructeur de véhicules électriques dirigé par Elon Musk affiche désormais près de 600% de progression depuis le 1er janvier.

La capitalisation boursière de Tesla atteint ainsi un record de 544 milliards de dollars. À titre de comparaison, la valorisation combinée de Volkswagen (195,2 milliards, Toyota (94,5), Daimler (71,9 milliards), GM (65,1 milliards), BMW (56,8) et Ferrari (52,8 milliards) -soit les 6 constructeurs les mieux valorisés de la planète si l’on exclut les chinois BYD et Nio- s’élève à 536 milliards de dollars. Tesla affiche désormais la 7e plus grande “market cap” parmi les groupes américains cotés à Wall Street, derrière les GAFAM et Berkshire Hathaway (547 milliards). À noter que Tesla se paye actuellement 250 fois ses bénéfices estimés pour l’exercice 2020, bénéfices en majeure partie tirés de la vente de crédits carbone.

Alors que Tesla pesait 3,6% du CAC 40 fin décembre 2019, sa capitalisation correspond aujourd’hui à plus de 25% de celle de l’échantillon principal de la cote tricolore. La récente flambée signifie que Tesla devrait entrer au S&P en tant que 6e ou 7e plus grande capitalisation boursière, ce qui constitue un véritable casse-tête pour les gérants de fonds indiciels qui répliquent la performance des indices sous-jacents.

Une hausse qui s’auto-alimente

De fait, plus la valeur de Tesla augmente, plus ces fonds devront acheter de titres. Et plus les fonds indiciels doivent en acheter, plus les investisseurs vont surenchérir en prévision de la frénésie d’achat massive d’ici à ce que l’inclusion de ce dernier dans l’indice le 21 décembre prochain. “C’est de la folie. Depuis l’inclusion (annoncée) de Tesla dans le S&P, beaucoup de managers qui n’en possédaient pas assez ont dû en acheter davantage”, explique Sahak Manuelian, directeur général des opérations chez Wedbush Securities. Compte tenu du poids de Tesla dans le futur indice (passé de 1% le 16 novembre à 1,3% à la clôture de mercredi), les gérants seront obligés d’acquérir entre 50 et 70 milliards de dollars -selon plusieurs estimations- de titres Tesla le 21 décembre ou aux alentours de cette date. Un afflux de fonds massif pour un rééquilibrage inédit des portefeuilles des gérants.

L’envolée observée sur les dernières séances est d’ailleurs intervenue dans des volumes déments. Si Tesla était déjà le titre le plus échangé de la cote new-yorkaise en 2020, le volume de transactions enregistré sur les dernières séances a de quoi faire tourner de l’œil un opérateur parisien. Les investisseurs ont en effet acheté et vendu, en moyenne, près de 26 milliards de dollars d’actions Tesla par séance au cours des cinq dernières séances à la clôture de mardi. Avant de battre un nouveau record à plus de 28 milliards de dollars mercredi. Selon les données de Refinitiv, ces volumes d’affaires sont plus de deux fois supérieurs à ceux enregistrés sur le 2e titre le plus échangé, celui du constructeur de véhicules électriques chinois Nio (12 milliards), et représentent plus du double de ceux réalisés sur Amazon et Apple (11 milliards chacun). Pour rappel, le volume de transactions moyen tourne plutôt autour de 3-4 milliards d’euros… sur l’ensemble des valeurs du CAC 40 à Paris.

La hausse a également été alimenté par plusieurs relèvement de cibles de la part d’analystes, dont celui de CFRA Garrett Nelson, qui a porté son objectif de 550 à 660 dollars, au sommet parmi ceux qui suivent la valeur. “Nous pensons que la bonne dynamique de Tesla va probablement se poursuivre dans un avenir proche, grâce à la forte poussée des achats de fonds indiciels”, a-t-il écrit dans une note.

L’euphorie boursière à l’œuvre sur Tesla se répercute sur les autres constructeurs de véhicules électriques, notamment les chinois Nio et Xpeng (Xiaopeng Motors), respectivement en hausse de 1200% depuis le 1er janvier, et de 540% depuis son introduction en Bourse le 26 août dernier. La valorisation de Nio atteint ainsi 73 milliards de dollars, ce qui en fait le 4e constructeur le mieux valorisé de la planète, quand Xpeng pèse 46 milliards (11e).

Sur les seuls titres Tesla et Nio, les volumes de transactions ont atteint une moyenne de 38 milliards de dollars par jour au cours des cinq dernières séances, soit 12% de l’ensemble des échanges enregistrés à Wall Street. À titre de comparaison, sur la même période, les opérateurs ont acheté et vendu chaque jour pour environ 8 milliards de dollars de titres pétroliers et gaziers, y compris Exxon Mobil et Chevron.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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