UNIBAIL-RODAMCO-WESTFIELD : Les centres commerciaux d'Unibail enjeux d'une féroce bataille

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(BFM Bourse) – La semaine écoulée a été le théâtre d’une passe d’armes entre l’ancien patron du géant français des centres commerciaux Léon Bressler, soutenu par Xavier Niel, et la direction actuelle, qu’ils accusent d’avoir failli. Ils s’opposent également à l’augmentation massive de capital de 3,5 milliards d’euros, sur laquelle une assemblée générale doit statuer le 10 novembre prochain.

Violente semaine chez Unibail-Rodamco-Westfield. Plombé par la crise, ce géant des centres commerciaux fait l’objet d’une vive bataille médiatique entre sa direction et des opposants, chacun multipliant les interventions pour vanter deux visions irréconciliables de son avenir.

L’enjeu, c’est le destin de ce géant mondial du commerce en plein marasme face à la crise sanitaire du coronavirus. Ses revenus ont chuté et son cours de Bourse est au plus bas depuis plus de 20 ans (malgré le rebond de 24% sur le dernier mois, le titre URW abandonne toujours plus de 72% depuis le 1er janvier). “La direction a failli, c’est un constat absolument unanime sur la place”, a déclaré vendredi Léon Bressler, qui dirigea Unibail jusqu’à sa fusion avec le néerlandais Rodamco.

“Il nous a fallu agir pour sauver une entreprise qui n’a plus de cap”, a insisté Léon Bressler, lors d’une conférence de presse. Celle-ci marquait l’apogée d’une semaine de lutte entre les dirigeants actuels et leurs deux opposants, à savoir l’ancien patron du groupe et Xavier Niel, fondateur de l’opérateur Free, qui ont lié depuis une dizaine d’année une relation amicale.

Stratégique, le combat est aussi médiatique. Les deux opposants, qui détiennent ensemble un peu plus de 5% du groupe, ont lancé les hostilités en fin de semaine dernière par une grande interview au Figaro. Ils y annonçaient leur intention de s’opposer à une énorme augmentation de capital, de 3,5 milliards d’euros, visant à renflouer le bilan du groupe au prix d’une dévalorisation mécanique des parts détenues par les actionnaires actuels.

“Accident industriel”

En réalité, le désaccord est bien plus profond car il touche à la plus grande opération menée par Unibail ces dernières années: le rachat pour une vingtaine de milliards d’euros de l’anglo-saxon Westfield. Cette acquisition lui a permis de mettre un pied aux Etats-Unis, mais “c’est l’un des plus grands accidents industriels français, tous secteurs confondus, depuis 25 ans”, a jugé vendredi Léon Bressler.

Si ce rachat a fait changer Unibail de dimensions financière et internationale, il l’a aussi contraint à d’importantes cessions pour équilibrer son portefeuille, et son titre n’a cessé de décliner depuis l’annonce de l’opération voici près de trois ans. Les opposants proposent donc de se débarrasser purement et simplement de tous les centres acquis aux Etats-Unis, d’ici deux ou trois ans. Et, selon eux, avec l’argent récupéré, il n’y aura aucun besoin d’une augmentation de capital.

Pour l’actuelle direction, c’est inacceptable. Comment revenir sur l’opération la plus emblématique du groupe, voire du secteur, depuis une dizaine d’années ? À leur tour, les dirigeants d’URW ont multiplié les interventions médiatiques ces derniers jours. Interview au Figaro, là aussi, puis passages dans de multiples radios. Ils dénoncent “un pari fou”, selon les termes employés mercredi par Christophe Cuvillier, président du directoire d’URW, sur BFM Business.

Conclusion le 10 novembre

L’actuel patron souligne l’aspect incertain des propositions des deux opposants, en pleine crise sanitaire et économique. Peut-on miser sur une revente en masse des centres américains alors que l’épidémie bat son plein et que l’on s’interroge encore sur l’ampleur de ses conséquences économiques?

Les opposants proposent “un grand saut dans l’inconnu” qui ferait “prendre un grave risque à l’entreprise”, a martelé Christophe Cuvillier, estimant que l’augmentation de capital permettrait d'”agir tout de suite”. La lutte se fixe donc sur cette augmentation. Et le temps presse pour les deux camps car l’opération doit être approuvée -ou non- par une assemblée générale le 10 novembre. Les opposants sont déjà “submergés par le soutien de centaines de petits actionnaires”, a assuré vendredi Léon Bressler, évoquant des messages “sympathiques” du côté des plus gros.

(avec AFP)

©2020 BFM Bourse

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