USA : la croissance sur la voie ascendante et, avec elle, peut-être aussi les taux (Quarles/Fed)

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Un haut responsable de la Banque centrale américaine (Fed) a estimé lundi que la croissance des Etats-Unis était sur la pente ascendante ce qui pourrait requérir un resserrement de la politique monétaire.

Lors d’une conférence à Washington, Randal Quarles, gouverneur à la Fed nommé par Donald Trump, dresse un tableau « optimiste » de la première économie mondiale, qui est soutenue notamment par le stimulus budgétaire de la réforme des impôts –notamment bénéfique pour les entreprises– mais aussi par « une croissance plus forte à l’étranger ».

Il estime que l’étroitesse du marché de l’emploi va finir par se refléter dans une hausse « des salaires et les prix ».

« La récente faiblesse de l’inflation devrait s’évanouir plutôt que de demeurer ce mystère qui nécessiterait de notre part un changement d’évaluation de la hausse des prix », a-t-il expliqué.

Dans ces conditions « il faut reconnaître que l’orientation de l’économie présente des risques à la hausse », a-t-il averti ajoutant qu’une accélération de la croissance conduirait à un taux d’intérêt neutre plus haut, lui-même requérant une politique monétaire « graduellement moins accommodante ».

M. Quarles s’exprimait lors d’une conférence économique à la veille de la première intervention publique du nouveau président de la Fed, Jerome Powell, devant une commission de la chambre des représentants mardi.

Pour l’instant, la banque centrale prévoit trois modestes hausses des taux en 2018 (soit 0,75% au total) dont la première pourrait intervenir ce mois-ci.

M. Quarles souligne qu’un éventuel resserrement de la politique monétaire « serait motivé par une croissance durablement plus forte et de meilleures conditions d’affaires et non pas par le désir de ralentir l’activité ».

« Il serait aussi raisonnable de penser qu’une croissance accélérée risque de raffermir l’inflation », a-t-il encore prévenu « même si il y a du chemin à faire ».

L’inflation, selon l’indice PCE, baromètre favori de la Fed, est à 1,7% sur un an, quelques dixièmes en dessous de la cible de la Fed. L’expansion du PIB devrait s’établir à 3% cette année et 3,2% en 2019, selon les prévisions de la Maison Blanche qui dépassent largement celles de la Fed datant de décembre (+2,1% en 2018). La banque centrale pourrait réviser ces estimations lors de sa prochaine réunion des 20 et 21 mars.

Ce gouverneur de la banque centrale, qui est un membre votant permanent du Comité monétaire, relève que si les mesures budgétaires ont un effet « distinctement positif » sur l’économie et la demande à court terme, les conséquences peuvent « être négatives » à long terme. Un alourdissement de l’endettement fédéral risque de « faire remonter les taux d’intérêt à long terme », prévient-il.

Au rang des facteurs qui pourraient encore doper la croissance figure une possible soudaine accélération de la productivité, alors qu’elle a été morne toutes ces dernières années, expliquant en partie la modestie de la reprise.

« Un volte-face pourrait intervenir soudainement », n’exclut pas M. Quarles soulignant que des techniques comme l’intelligence artificielle et le séquençage du génome, « sont sur le point d’éclore et d’avoir des effets majeurs sur l’économie ».

En outre, le marché de l’emploi très étroit (avec un taux de chômage de 4,1%), qui rend difficile le pourvoi de certains postes, « pourrait encourager les entreprises à investir davantage dans les robots ».

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