Vers la création d’un marché à terme russe pour le pétrole ?

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Remue-ménage à prévoir dans le secteur pétrolier, et notamment sur les mécanismes de fixation des prix ? Selon le quotidien allemand Finanzmarktwelt, la Russie a la ferme intention de faire concurrence aux marchés à terme de New York et Londres. Souhaitant ainsi mettre fin à la suprématie de l’Europe et des Etats-Unis en la matière.

Finanzmarktwelt rappelle ainsi qu’à l’heure actuelle le prix du pétrole se fixe en Occident. De ce fait, alors que le niveau du cours du brut impacte fortement l’économie russe, Moscou ne dispose à l’heure actuelle
d’aucune influence directe sur la formation des prix. Une situation que pourrait grandement modifier la création d’un marché à terme russe pour les marques du pétrole Urals et Espo.

Si l’on en croit le journal allemand, Moscou aurait désormais l’intention d’ouvrir son propre marché à terme à la bourse de Saint-Pétersbourg. Finanzmarktwelt précise par ailleurs que le pétrole Brent, dont le part sur le marché est dérisoire, « détermine, en réalité, 70% du commerce mondial du pétrole », alors qu’à contrario les parts des marques russes Urals et Espo sont quant à elles plus importantes.

« Une chose est claire, la Russie veut se débarrasser d’un système où les prix du pétrole russe sont fixés à Londres ou à Dubaï « , affirme au final l’article.

Rappelons qu’un article de l’agence russe RBC en date du 12 novembre 2015 nous annonçait que la Russie avait l’intention de tester les échanges sur la base d’un nouvel indice pétrolier. Selon l’agence RBC, ce nouvel étalon devrait élever le prix du pétrole russe et le dissocier des indices de celui de type Brent. A l’heure actuelle, le pétrole de types russes Urals et ESPO est vendu avec une certaine remise par rapport au pétrole Brent, suite à l’absence de mécanisme unifié et transparent de formation du prix et des garanties de livraisons. Situation préjudiciable pour la Russie que pourrait améliorer la mise en place de ce nouvel indice. Une idée née depuis plusieurs années.

Néanmoins, pour pouvoir être considéré comme un repère de prix sur le marché international, le pétrole devrait être vendu en bourse à un prix transparent. Parallèlement, les livraisons devraient être garanties pour tous les participants aux échanges, lesquels derniers devraient atteindre au moins 10-15 millions de tonnes par an, soit 3 millions de barils par jour.

Les conditions de la création d’un tel indice ont fait l’objet de l’étude d’un groupe de travail au sein du ministère russe de l’Energie, avec la participation de représentants des entreprises pétroliers et d’autres structures. Le ministère estime nécessaire de procéder à des plusieurs sessions de test avant de passer en mode nominal.

Toujours selon RBC, les conditions générales d’exportation du pétrole russe via la bourse de Saint-Pétersbourg sont d’ores et déjà élaborées à l’heure actuelle, ainsi que les règles des échanges. Les intervenants sur le marché pétrolier participent à des rencontres d’information liées aux échanges. Selon le responsable de la bourse, la mise en place de cet indice devrait commencer avant la fin de l’année 2016.

Sources : Finanzmarktwelt, sputniknews.co, Interfax

Elisabeth Studer – 15 décembre 2015 – www.leblogfinance.com


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