Villa Art déco chargée d’histoire cherche repreneur

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Plus qu’une maison, le relais de chasse proposé par l’agence Architecture de collection est une véritable page d’histoire. La demeure est une commande passée par le riche industriel François Sommer au célèbre décorateur Jacques-Émile Ruhlmann. En 1932, les deux hommes se rencontrent lors du Salon des Artistes Décorateurs où l’ensemblier présente « Le Rendez-vous des pêcheurs de truites », une série de chaises et fauteuils en merisier.

L’héritier de la dynastie Sommer (fabricants de revêtements en feutre et moquettes) habite à Paris, boulevard Foch, mais il veut se faire construire un relais de chasse dans les Ardennes françaises, à proximité de Neufchâteau, une commune de Belgique, proche de la frontière. Passionné par les techniques cynégétiques, il fondera d’ailleurs, en 1950, l’Association nationale des chasseurs de grand gibier qui sera notamment à l’origine des premiers plans de chasse.

Une demeure occupée par les Allemands

S’il choisit Jacques-Émile Ruhlmann pour dessiner sa demeure, c’est parce que François Sommer est aussi fan d’Art déco. Un style d’ailleurs très visible sur la façade de sa demeure qui comprend des volumes cubiques, de nombreux décrochements et des surfaces lisses. Les auvents, les moulures et les appuis de fenêtres viennent alléger l’expression imposante des volumes.

Les travaux commencent en 1933, mais l’industriel n’aura guère le loisir d’y séjourner avant la fin de la seconde guerre mondiale. Aviateur expérimenté, il sera mobilisé en septembre 1939 et affecté à la 34e escadre de bombardement. En 1940, il rejoint le réseau de résistance « Ceux de la Libération ». En attendant, son relais de chasse est occupé par les Allemands.

De Gaulle, Pompidou et Giscard y ont séjourné

Après la guerre, dans les années 1950, François Sommer procède à des travaux d’agrandissement: l’actuelle cuisine, l’arrière cuisine, la salle à manger et trois chambres à l’étage. Des travaux qui bénéficieront aux grands de ce monde puisque Georges Pompidou, Charles de Gaulle, ou encore Valéry Giscard d’Estaing auraient séjourné lors de grandes chasses. Le chien de Georges Pompidou, Chipita, tué pendant une chasse, aurait même été enterré dans le parc de la maison.

François Sommer décède en janvier 1973. Sa veuve, Jacqueline, gardera la maison, où sont entreposés les trophées de chasse de son mari, jusqu’à sa mort en 1996. Le couple est sans enfant, c’est donc l’association de la maison de la chasse qui héritera du bien. En 1997, elle la vend à un commissaire-priseur belge qui décédera en 2002. En 2007, le propriétaire actuel l’acquiert. Il y entreprend de gros travaux de rénovation, dans la maison et dans le parc.

Entourée de 3,8 hectares de terrain, cette maison de 500 mètres carrés habitables dispose de dix chambres, six salles de bain, une belle pièce à vivre de 100 mètres carrés avec une mezzanine, une grande cuisine et une terrasse de 200 mètres carrés. Ce relais de chasse dispose aussi d’une cave de 400 mètres carrés. Le prix de vente est de 738.000 euros.

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