Visite d’Obama au Sénégal : prétexte à une prise de contrôle US du pays, voisin du Mali ?

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Manière détournée pour les Etats-Unis de préparer les élections présidentielles au Mali, lesquelles ont lieu le 27 juillet prochain, voire d’installer une base arrière militaire au Sénégal voisin ? … qui sait.
Sous prétexte – certes valable – de la visite actuelle de Barack Obama au Sénégal, la presse malienne et sénégalaise estiment ni plus ni moins que les Etats-Unis « verrouillent » l’entrée nord du Sénégal à Al Qaïda avec l’appui de membres de la CIA.
Si à Dakar, agents de renseignements et forces de sécurité sénégalais et américains sont sur le qui-vive, la vigilance est plus que de mise à Saint-Louis, région frontalière avec la République islamique de Mauritanie et … le Mali.
Officiellement, les Américains redoutent des infiltrations de masse du réseau terroriste Al Qaïda. Ce qui permet de justifier une sécurité »renforcée de façon conséquente depuis jeudi dernier ». La presse indiquant qu »aucun détail n’est négligé ».

Selon le journal L’Observateur, depuis le 20 juin dernier, des éléments de l’Agence centrale de Renseignement (CIA) seraient en train de travailler en étroite collaboration avec les forces de sécurité de la Mauritanie et du Sénégal en vue de surveiller la pénétration d’éventuels terroristes dans le territoire sénégalais via le fleuve Sénégal, le Bac de Rosso, la frontière de Boyo et la voie routière. Et on ne parle que de la partie « immergée » de l’iceberg, bien entendu …

Rien que durant le week-end, près d’une centaine d’individus ont été interpellés, de spurce policière, on indique même que « les rafles vont se poursuivre jusqu’après le départ de l’hôte de marque du Sénégal « .
Le site koaci.com se veut encore plus précis – reprenant des infos qui circulent sur les chaînes de télé sénégalaise, l’opposition au nouveau président Macky Sall voyant l’affaire d’un mauvais oeil – indiquant que « les agents de sécurité américains ont pris le contrôle de la région de Saint-Louis, située au nord du Sénégal, à quelques heures de l’arrivée ce 26 juin de Barack Obama ».

Selon le site, « cette région frontalière avec la République islamique », capitale du nord du Sénégal est prise d’assaut par des éléments de la CIA.

Ainsi, « des check-points sont en cours dans cette partie du pays qui déteint 1000 km de frontière avec la Mauritanie, et un navire de guerre US y est positionné » poursuit le site. La visite d’Obama pourrait certes justifier l’arrivée  dudit vaisseau … mais quid de son départ ? Les prochaines élections – le 27 juillet prochain – au Mali voisin pourraient justifier son maintien au large du Sénégal …
Toujours selon le site koaci.com, à Ross Béthio, principale porte d’entrée du Sénégal en venant de la Mauritanie, « la fouille des véhicules et des personnes est devenue systématique ».

La princesse Sheika Mowza de Qatar et sa suite ont été  quant à elles en quelque sorte expulsées du Sénégal … à quelques heures de la venue du Président américain.  Selon le journal l’Observateur, le jet privé de la princesse qatarie n’a pu l’autorisation d’atterrir à l’aéroport de Dakar, son plan de vol a même été changé pour un atterrissage quelque peu forcé à Saint Louis.
Mais Sheika Mowza, ses deux sœurs, Sheika Osha et Sheika Moza, de même que leur cour royale composée de deux gardes du corps et de 6 femmes n’ont pu faire plus de 24 heures dans l’ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française. Contraintes de quitter le territoire sénégalais pour le Maroc après une surveillance assidue des gendarmes durant leur court séjour.

Au final, les Etats-Unis  ne seraient-ils  pas  en train de se « rapprocher » un peu plus chaque jour du Sénégal ? Le pays étant proche du Mali et de ses matières premières, et étant lui-même  doté de richesses telles que pétrole et uranium ? Qui sait … N’oublions  pas qu’il y a quelques mois à peine,  Washingtown  envisageait d’installer une base américaine  de l’AFRICOM au Sénégal.
Certes, depuis, Abdoulaye Wade a du céder le pouvoir au nouveau Président sénégalais Macky Sall. Lequel, géologue de formation et ancien ministre des Mines pourrait devenir un  nouveau roi du pétrole  … Chose qui n’a pu «échapper»  aux majors pétrolières US, telle que Hunt Oil, d’ores et déjà présente dans le pays.

Précisons, qu’au debut du mois de mai dernier,  s’est tenu à Dakar  un atelier sur « le rôle de la sécurité et du développement dans la lutte contre l’extrémisme violent dans le Sahel ». Atelier à l’initiative de l’ambassade des Etats-Unis et du gouvernement du Sénégal nous dit-on, mené en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (ACSS).
L’atelier regroupa environ 60 participants venant de 13 pays africains, dont des représentants du gouvernement américain et des experts d’organisations internationales telles que le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), et l’Agence américaine pour le développement international (USAID).  Tout de même …
La rencontre ‘’permettra d’aborder le rôle des programmes axés sur le développement pour trouver des solutions aux problèmes de sécurité dans la région du Sahel’’, ajoutait-t-on de source diplomatique. Précisant que ‘’les experts examineront les moyens de coordonner les efforts pour trouver des solutions à long terme pour préserver la sécurité, la paix et la stabilité des citoyens dans une région qui a longtemps souffert de groupes extrémistes violents’’.

 – USA / Sénégal : partenariat renforcé, voire implantation d’une base de l’AFRICOM ?

Rappelons  que le 21 avril 2011, le Général américain Carter Ham, tout frais nommé commandant du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) avait effectué pour sa part sa première visite au Sénégal. Au cours de son séjour, il avait été reçu tour à tour par le chef d’Etat major des Forces armées sénégalaises, le général Abdoulaye Fall, le ministre des Forces armées, Bécaye Diop, et le président de la République Abdoulaye Wade. Tout de même …

Petit rappel : basé à Stuttgart, en Allemagne, l’AFRICOM est l’un des six états-majors de commandement géographique du Département de Défense US. Officiellement il oeuvre pour un partenariat fructueux entre les Etats-Unis et 53 nations d’Afrique et pour l’instauration d’espaces de sécurité et de stabilité sur le continent. Des missions qui pourraient être loin d’être totalement désintéressées …
A l’occasion de sa visite, le général américain Carter Ham avait assuré pour sa part que le partenariat entre le Commandement régional américain pour l’Afrique (AFRICOM) et le Sénégal allait « s’accentuer » dans l’avenir.
Bécaye Diop  avait alors indiqué  que l’AFRICOM est « très proche » de l’armée sénégalaise et « échange beaucoup » avec celle-ci pour trouver des solutions aux conflits dans la sous-région. « Sur le plan de la formation, nous souhaitons que ça aille de l’avant. Nous voulons que les échanges soient plus permanents « , avait également précisé le ministère des Forces armées d’alors.
« Le Sénégal n’aura pas le privilège d’accueillir le siège de l’Etat-major d’Africom » affirmait néanmoins en juin 2010 la presse sénégalaise alors que les Etats-Unis avaient laissé entendre qu’ils souhaitaient déplacer les 1300 membres de leur personnel de Stuttgart vers l’Afrique.

 – Les Etats-Unis  souhaitent jouer une rôle plus actif  au Mali voisin …

Rappelons également à toutes fins utiles qu’en février dernier, le sénateur américain Chris Coons, président de la sous-commission des Affaires étrangères du Sénat américain pour l’Afrique, avait déclaré à Bamako (capitale du Mali) que les Etats-Unis allaient jouer un rôle militaire plus actif dans le pays. Tout en ajoutant qu’une telle implication n’interviendrait qu’après la tenue d’élections au Mali … contrée voisine du Sénégal. Lesquelles élections sont désormais fixées au 27 juillet prochain.
Reste, que selon Chris Coons, les Etats-Unis ne peuvent pas coopérer directement avec l’armée malienne tant qu’un gouvernement démocratiquement élu n’aura pas remplacé les dirigeants actuels, lesquels ont accédé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat. Une manière comme une autre de forcer la main, Washington pouvant être enclin à influencer le choix d’un candidat …

En janvier dernier, le New York Times indiquait  pour sa part que trois des quatre unités d’élite maliennes à commandement touareg formées par les États-Unis dans les années 2000 étaient passées dans le camp des rebelles lors du conflit de 2012. Nous apprenions ainsi que les Etats-Unis avaient « investi » dans la formation de militaires maliens, lesquels – ironie de l’histoire ou ultime étape d’un plan US proche d’une stratégie du chaos ? – ont retourné leur treillis pour désormais affronter les forces militaires du Mali.
Rappelons en effet que durant les années 2000, et au début des années 2010, des militaires maliens ont été entraînés par des instructeurs américains dans le cadre de l’opération Enduring Freedom – Trans Sahara (OEF-TS ). Opération militaire conduite par les États-Unis et d’autres pays partenaires dans la région du Sahara/Sahel en Afrique, ayant pour but officiel de mener des actions de contre-terrorisme et à réguler le trafic d’armes et le trafic de drogues en Afrique centrale. Autre élément du dispositif : la Joint Task Force Aztec Silence (JTF Aztec Silence), organisation inter-armées dont le but est d’effectuer les missions et de remplir les objectifs de l’OEF-TS, placée sous la responsabilité de l’AFRICOM.

En 2007, le Congrès des États-Unis décide d’allouer la somme de 500 millions de dollars à la Trans-Saharan Counterterrorism Initiative (TSCTI) pour les six années à venir, afin – officiellement – de soutenir financièrement les États africains impliqués dans la lutte antiterroriste contre Al-Qaïda que sont l’Algérie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Nigéria, et le Maroc. Ce programme s’appuie notamment sur l’ancien Pan Sahel Initiative (PSI), plan achevé en décembre 2004 et qui s’était focalisé sur les trafics d’armes et de drogues, ainsi que le contre-terrorisme.

Au final, une affaire à suivre, très certainement …

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 26 juin 2013


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