Voitures semi-autonomes : quand Allianz anticipe le futur de l’automobile

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Alors que  Tesla est secoué actuellement par un accident ayant causé le décès d’un des conducteurs de ses véhicules, jetant une ombre noire sur le tableau de la conduite autonome, système dont était dotée l’automobile, l’assureur Allianz choisit quant à lui de favoriser ouvertement les détenteurs de véhicules semi-autonomes, considérant que les risques d’accident sont moindres.

L’assureur allemand, bien implanté en France, vient en effet cette semaine d’annoncer le lancement d’une assurance adaptée aux voitures semi-autonome. Proposée dès mai dernier dans le réseau des agents généraux du groupe, l’offre dédiée est désormais disponible sur son site web.

Pour justifier de l’octroi d’un tarif préférentiel, l’assureur se base sur l’importance du comportement humain dans les causes d’accident. Il est vrai que selon les statistiques de la sécurité routière, 9 accidents sur 10 sont dus à une faute du conducteur (inattention, vitesse ou manque de réflexe). Or, les systèmes d’aide au pilotage sont censés les réduire, voire même les prévenir, et devraient donc a priori faire baisser le nombre d’accidents.
La mise en œuvre d’un système de freinage d’urgence autonome, de stationnement automatique ou d’un régulateur de vitesse avec freinage automatisé, ouvre ainsi la voie à une réduction sur le montant des cotisations pouvant aller jusqu’à 25%.

L’assureur a « décidé d’encourager l’usage de ces innovations » pour « contribuer à renforcer la sûreté sur les routes », indique pour sa part François Nédey, directeur technique assurance des biens et des responsabilités d’Allianz France. Mais au delà de l’intérêt sécuritaire, il est clair, que dans l’esprit de l’assureur (et dans son calcul de rentabilité) de tels équipements réduisent les risques d’accidents  … et donc de sinistres à indemniser.

Depuis mai dernier, Allianz France affiche 2000 clients ayant adopté cette offre d’assurance. L’assureur évoque par ailleurs un parc global de 15 000 à 30 000 véhicules dans ce segment en France. « Entre 3 et 4% des véhicules vendues disposent de l’un des trois dispositifs » technologiques pris en charge par le contrat d’assurance, précise-t-il également.

Les groupes d’assurance modélisent actuellement leurs offres en vue de se positionner sur le marché de la voiture autonome (partielle ou totale). En Europe, le courtier britannique Adrian Flux a élaboré une première offre d’assurance innovante pour ce type de véhicules. Tout en admettant que les premières automobiles sans chauffeur ne devraient pas arriver avant 2020 sur les routes.

Parallèlement, SAP (société de conception de logiciels) et Ovum (entreprise britannique spécialisée dans l’analyse stratégique) viennent de publier un livre blanc portant sur la « Transformation de la technologie dans l’industrie de l’assurance », incitant les groupes spécialisés dans ce secteur à s’ouvrir à une logique « insurance-as -a service ».

Sources : Allianz

Elisabeth Studer  – 11 août 2016 – www.leblogfinance.com

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