Volkswagen : primes et management vivement critiqués par le fonds TCI

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Vigilance une nouvelle fois de mise sur le groupe Volkswagen et sa cotation. Le fonds activiste britannique TCI Fund Management a en effet lancé vendredi une offensive contre la direction de Volkswagen, qu’il estime sous-performante et trop payée.

Dans une lettre adressée au directoire et au conseil de surveillance du constructeur automobile, TCI  réclame un changement du système de rémunération des dirigeants du groupe.
Selon lui, les primes devraient être versées en actions et trois ans seulement après l’exercice concerné. Il estime également que les dirigeants de l’entreprise ne devraient percevoir aucune prime en cas de mauvaise performance.

Une position qui fait écho aux récents propos de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances à ce sujet. Lequel a vivement critiqué les 12 membres du directoire – anciens et actuels – qui devraient 63,24 millions d’euros au titre de 2015, alors même que l’année s‘est soldée par une perte record pour VW.

A la suite d’un débat houleux, le conseil de surveillance de Volkswagen a toutefois décidé de geler 30% des bonus des neuf membres de son directoire pour 2015, lesquels pourront être versés dans trois ans à conditions que certains objectifs de performance soient remplis parmi lesquels un redressement de la valeur de l’action de Volkswagen. Ce compromis a été trouvé après de multiples négociations entre les dirigeants, qui s’accrochaient à leurs bonus, et le conseil de surveillance dont certains membres plaidaient en faveur d’une coupe drastique.

L’annonce du versement de telles primes a suscité un véritable tollé en Allemagne.

L’offensive de TCI  – qui détient a construit une participation de 1,2 Md € dans VW et se considère lui-même comme l’un des plus importants actionnaires de VW – ne doit pas être prise à la légère, le fonds étant réputé pour l’activisme de ses actionnaires agressifs. Certains analystes estiment qu’il aurait pu jouer un rôle actif dans de nombreuses situations en vue de promouvoir son propre agenda sous couvert d’afficher une bonne gouvernance d’entreprise et d’agir en vue d’accroître la valeur actionnariale.

A noter également que TCI a été un actionnaire important de la bourse allemande Deutsche Börse où il a forcé la démission du chef de la direction après avoir refusé de renoncer à son projet de reprendre le London Stock Exchange.

En 2007, après l’acquisition de 1% des actions de grande banque néerlandaise ABN AMRO, TCI a mené une attaque exigeant la banque divisé ou de vendre au plus offrant pour produire de la valeur pour les actionnaires.

ABN a finalement été divisé et vendu à la Royal Bank of Scotland (RBS), Fortis et Banco Santander, opération qui aura fortement contribué à la chute de RBS et Fortis.

En 2006, en tant qu’actionnaire de la société Mittal Steel et d’Arcelor, TCI a soutenu l’OPA inamicale de Mittal Steel sur Arcelor. Mais, lorsque Mittal Steel a tenté par la suite d’acquérir Arcelor Brasil sans prime appropriée, TCI a défendu les droits des actionnaires minoritaires d’Arcelor Brasil, contraignant Mittal à relever son prix d’offre de plus de 55%.

Sources : AFP, Wikipedia, Financial Times

Elisabeth Studer – 08 mai 2016 – www.leblogfinance.com


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