VW : le ministre des finances allemand désapprouve les primes des dirigeants

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VW : le ministre des finances allemand désapprouve les primes des dirigeants

Malgré le scandale des moteurs diesel, les membres du directoire de Volkswagen n’ont pas renoncé à leurs primes. Une décision qui fait plus que tousser Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, lequel n’a pas mâché ses mots.

« Je n’ai aucune sympathie pour des dirigeants qui conduisent un grand groupe coté devant faire face à une crise terrible et défendent ensuite leur bonus dans un débat public », a ainsi déclaré le ministre au journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, ajoutant ne pas comprendre leur position. Selon lui, « cela montre que quelque chose ne tourne pas rond. » Le débat est lancé.

Pour rappel, Volkswagen prévoit de verser aux 12 membres du directoire – anciens et actuels – 63,24 millions d’euros au titre de 2015, alors même que l’année s‘est soldée par une perte record pour VW.

A la suite d’un débat houleux, le conseil de surveillance de Volkswagen a toutefois décidé de geler 30% des bonus des neuf membres de son directoire pour 2015, lesquels pourront être versés dans trois ans à conditions que certains objectifs de performance soient remplis parmi lesquels un redressement de la valeur de l’action de Volkswagen. Ce compromis a été trouvé en fin de semaine dernière entre les dirigeants, qui s’accrochaient à leurs bonus, et le conseil de surveillance dont certains membres plaidaient en faveur d’une coupe drastique.

L’annonce du versement de telles primes a d’ores et déjà suscité un véritable tollé en Allemagne. Le Land de Basse-Saxe, le deuxième actionnaire du groupe a ainsi demandé l’annulation ou au minimum la réduction des primes, rappelant que le « dieselgate » coûtera des milliards d’euros à Volkswagen.

Jörg Bode, ancien représentant de la Basse-Saxe au conseil de surveillance, a affirmé pour sa part au journal Welt am Sonntag que l’ancien président du directoire Martin Winterkorn et ses collègues seraient bien inspirés de rendre la partie variable de leur rémunération qui a découlé de « réductions de coûts par la fraude ».

Il y a quelques jours, Bernd Osterloh, président du conseil d’entreprise de VW et membre du conseil de surveillance, avait déjà eu la même position, estimant qu’il s’agissait « aussi une question de morale. » Répondant au Welt am Sonntag, il a par ailleurs indiqué qu’une une fois le scandale passé, le conseil de surveillance examinera le système de calcul des rémunérations de la direction.

Sources : Reuters, Presse allemande

Elisabeth Studer – 2 mai 2016 – www.leblogfinance.com

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