VW : vives tensions autour du pacte pour l’avenir

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Les tensions se multiplient chez Volkswagen. Lundi, les discussions entre la direction et les syndicats sur la mise en œuvre du plan d’économies n’ont pu aboutir, ce qui fait redouter au conseil d’entreprises que le « pacte pour l’avenir » signé en novembre dernier ne soit à terme voué à l’échec. Les représentants syndicaux demandent désormais à la direction du groupe de s’attacher « avec plus de vigueur » à la mise en oeuvre du futur pacte, l’exhortant parallèlement à respecter les accords. L’enjeu est de taille puisque l’absence de consensus pourrait nuire au redressement du groupe empêtré dans le dieselgate.

La semaine dernière, le président du conseil d’entreprise, Bernd Osterloh, et les autres représentants syndicaux avaient suspendu les discussions sur les heures supplémentaires et l’apprentissage, accusant Herbert Diess, le patron de la marque Volkswagen, d’imposer des réductions de coûts plus importantes que celles prévues dans l’accord conclu en fin d’année dernière. Mercredi dernier, VW avait affirmé que le pacte serait appliqué mais que des tensions étaient à prévoir.

Selon les dires du comité d’entreprise, le climat ne s’est pas apaisé lundi, Bernd Osterloh et Herbert Diess ne parvenant pas à s’entendre sur les modalités à mettre en œuvre en vue de réduire les coûts.

Les syndicats accusent Herbert Diess de vouloir diminuer le nombre de contrats à durée déterminée de manière plus rapide et plus drastique que ce qui avait été convenu dans le pacte et en écartant toute embauche au premier semestre 2017. Il est vrai que sa réputation d’ancien chasseur de coûts de BMW n’est pas faite pour assurer un climat de confiance. De son côté, VW considère que la baisse de la demande observée sur la Golf ou la Passat ne lui permette pas de conserver un nombre importants d’intérimaires.

Un porte-parole du conseil d’entreprise a toutefois indiqué dans un mail que Herbert Diess s’était engagé à faire des propositions d’ici à la reprise des négociations lundi prochain. Le report des discussions a quant à lui était officialisé par un porte-parole de la marque VW, qui n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur le sujet.

Les représentants syndicaux tentent désormais de trouver un arbitre en la personne de Matthias Müller, le président du directoire du groupe, souhaitant une implication plus forte de sa part sur le dossier. L’appel semble avoir porté ses fruits, puisque dans une lettre envoyée lundi au personnel le dirigeant a laissé entendre qu’il pourrait s’impliquer davantage. « Nous, en tant que direction, et moi-même personnellement continuerons de tout faire pour que les conflits soient réglés de manière constructive et que du tort soit épargné à VW« , a-t-il ainsi écrit.

Pour rappel, le plan conclu en novembre dernier prévoit des économies de 3,7 milliards d’euros par an d’ici 2020 assorties de 30.000 suppressions de postes d’ici 2025 au sein de la marque VW, promettant d’éviter les licenciements secs.

Sources : Reuters, VW, Comité d’entreprise VW

Elisabeth Studer – 13 février 2017 – www.leblogfinance.com

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