CAC 40 : Dans l'attente du discours de Jerome Powell, le CAC 40 repart à la baisse

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(BFM Bourse) – Alors que les tensions sur le marché obligataire continuent de dicter la tendance en provoquant une nouvelle rotation sectorielle, le CAC 40 évolue dans le rouge à la mi-journée. Les investisseurs vont désormais scruter l’audition du patron de la Fed devant le Sénat américain.

Hésitante, la Bourse de Paris a d’abord semblé apaisée par la relative détente observée sur les rendements souverains, avant de repartir brusquement d’effacer ses gains initiaux pour virer au rouge à la mi-journée. Après avoir grappillé plus de 0,6% vers 9h15 (et brièvement reconquis le seuil des 5.800 points au passage), le CAC a ainsi lâché jusqu’à 0,78% peu après 11h30. A 12h05, le baromètre du marché parisien affiche un repli de 0,40% à 5.744,82 points, “dans le sillage de la la forte rotation sectorielle que nous connaissons actuellement avec une sous-performance des valeurs de croissance et une surperformance des valeurs cycliques et values telles que les banques et les sociétés énergétiques” constate John Plassard, directeur des investissements chez Mirabaud. “La tendance devrait même s’accélérer ces prochaines semaines au fur et à mesure que la campagne de vaccination va s’accélérer” selon lui.

Les banquiers centraux sont pourtant à pied d’œuvre pour tenter de rassurer des investisseurs préoccupés par la soudaine remontée des rendements des emprunts d’Etat. Lundi, la présidente de la BCE a ainsi fait savoir que son institution surveillait de près l’évolution des rendements souverains, ce qui a entraîné un reflux de ces derniers. Et l’audition très attendue de Jerome Powell devant des sénéateurs devrait être de la même teneur selon les experts d’Unicredit : “Il va très probablement répéter que la Fed est loin d’avoir atteint ses objectifs et qu’il faudra probablement un certain temps avant que des progrès suffisants soient réalisés pour réduire son programme d’achat d’obligations” avancent-ils. Les remarques du patron de la Fed sur les craintes d’un retour de l’inflation sont également particulièrement attendues.

Du côté des indicateurs, le taux de chômage au Royaume-Uni est monté à 5,1% lors des trois mois achevés fin décembre contre 5,0% fin novembre à cause du virus, et le taux d’inflation a été confirmé à 0,9% sur un an en zone euro sur le mois de janvier, au plus haut depuis six mois selon les chiffres publiés par Eurostat.

La tech’ en souffrance à Paris

Le retournement sectoriel est flagrant au sein de l’indice phare du marché parisien, où les plus mauvaises performances sont à mettre à l’actif de Dassault Systèmes (-4%), STMicro (-3,6%), Capgemini (-1,8%), Schneider Electric (-1,8%), de Teleperformance (-1,6%) ou encore de Wordline (-1%), soit l’ensemble du compartiment technologique -au sens large- dans le sillage du net repli du Nasdaq lundi (-2,5%). De l’autre côté, le secteur aéronautique domine le palmarès (+3% pour Airbus et Thales, +2,5% pour Safran), tandis que d’autres valeurs cycliques profite de la rotation (+2,2% pour Vinci, +1,9% pour URW, +1,7% pour Total).

Même constat sur le reste de la cote, où les foncières (+5,2% pour Icade +5%pour Mercialys, +3;2% pour Klepierre), les parapétrolières (+7,2% pour Vallourec, +3,2% pour Schlumberger) et d’autres valeurs délaissées durant la crise sanitaire (+4,7% pour ADP, +4,5% pour Sodexo, +4,1% pour Elior, +3,9% pour Air FranceKLM) sont bien orientées. Au contraire, les “stars” de 2020 déchantent, avec un plongeon de 10,2% pour McPhy, de 9,1% pour Novacyt ou encore des replis de 5,6% pour Neoen, de 4,8% pour Sartorius et de 3,8% pour Eurofins.

Nouveaux records pour le pétrole, le Bitcoin dévisse

Les cours des principales références mondiales de brut continuent de s’apprécier, toujours portés par l’optimisme des investisseurs vis-à-vis des campagnes de vaccination et des anticipations de baisse de production aux Etats-Unis la semaine dernière après la vague de froid sur le pays. A 12h40, le baril de Brent grappille 0,78% à 64,86 dollars, après avoir frôlé les 66 dollars plus tôt dans la matinée, au plus haut depuis début janvier 2020. Le baril de WTI s’adjuge de son côté 2,30% à 60,97 dollars.

Peu de mouvement sur le marché des changes, où l’euro cède 0,06% face au billet vert à 1,2132 dollar.

Enfin, après avoir atteint un sommet historique à plus de 58.000 dollars dimanche, le Bitcoin flanche de plus de 10% et s’échange à environ 45.500 dollars ce mardi à 12h45, notamment sous l’effet des propos de la secrétaire au Trésor Janet Yellen qui a estimé lundi que la cryptomonnaie était un actif hautement spéculatif et extrêmement inefficace pour effectuer des transactions.

Quentin Soubranne – ©2021 BFM Bourse

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