CAC 40 : Le marché parisien subit le contrecoup d'un mercredi noir pour les crypto-monnaies

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(BFM Bourse) – La Bourse de Paris a fortement tangué mercredi, pénalisée par de nouveaux signaux d’accélération de l’inflation et par les remous provoqués par le monumental plongeon des crypto-monnaies. Mais alors que le CAC 40 semblait parti pour signer sa plus forte baisse de l’année, l’indice a réduit ses pertes en fin de séance et réussi à limiter son recul à -1,43% en clôture.

Après deux séances sans vraie direction (il est vrai au sortir d’un rallye qui l’a mené sur un pic depuis novembre 2000), le CAC 40 a connu mercredi un emballement à la baisse, sur fond de dégringolade des différentes crypto-monnaies et de nouvelles craintes au sujet de l’inflation, après une hausse significative de l’indice des prix britannique. Après avoir débuté en repli de près de 1%, le baromètre du marché parisien a accru ses pertes jusqu’à accuser 2,54% de repli vers 16h10, peu après l’ouverture également dans le rouge vif de Wall Street.

Toutefois, la pression s’est atténuée dans les derniers échanges, le curseur s’arrêtant finalement à -1,43% (6.262,55 points en clôture), alors que les indices américains réduisaient également leurs pertes. Soit autour de -0,9% pour le Nasdaq Composite, -1,1% pour le S&P 500 et -1,2% pour le Dow au moment de la clôture européenne.

L’appétit pour les actifs à risque s’est brutalement évaporé, touchant au premier chef les actifs cryptographiques, avec un plus bas de quatre mois pour la plus grande des cryptos, le bitcoin. Sur l’ensemble des crypto-monnaies, ce sont près de 1000 milliards de dollars de “capitalisation” qui sont partis en fumée en l’espace de deux semaines, une correction proche de 40% depuis le pic du début du mois dans le sillage de la volte-face récente d’Elon Musk sur le BTC et d’un durcissement supplémentaire de l’attitude des autorités chinoises.

Pour Aurel BGC, “les marchés continuent de corriger leurs excès. Après les SPAC et les technologies aux valorisations les plus extravagantes, la baisse prend maintenant de l’ampleur sur les cryptoactifs”.

Par ailleurs, une nouvelle batterie de données relatives à l’inflation (nette accélération de l’inflation au Royaume-Uni en avril à 1,5% en rythme annuel, tandis que le chiffre de +1,6% a été confirmé s’agissant de la zone euro, pour le même mois) sont venues alimenter le débat du moment sur l’éventualité d’un resserrement monétaire plus précoce ou plutôt moins tardif que prévu. Quand bien même les banques centrales s’emploient à répéter qu’un soutien prolongé à l’économie reste de mise.

Le compte-rendu de la dernière réunion monétaire de la Fed sera à ce titre de nouveau au centre de l’attention. Il “pourrait provoquer un soupir de soulagement au sujet de la politique monétaire américaine à venir”, estime Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, sachant qu’un resserrement des conditions de financement serait un coup dur pour des marchés portés par le généreux soutien des banques centrales depuis le début de la crise sanitaire. Au contraire, des allusions à un ralentissement des achats d’actifs pèserait sur l’humeur des opérateurs mais “la Fed sait que le marché n’est pas prêt pour cette discussion dans l’immédiat”, selon l’analyste.

Ces péripéties interviennent dans une période de flottement, après la (quasi) fin de la publication des résultats trimestriels. Comme le souligne John Plassard, directeur adjoint de Mirabaud Securities, des signes “de fatigue, d’ambivalence ou du moins d’affaiblissement de la tendance haussière” apparaissent généralement sur les marchés boursiers américains dans la deuxième quinzaine du mois suivant la publication des résultats trimestriels – nous y sommes.

Sur le marché des devises, la monnaie unique redescendait à peine (-0,08% à 1,2214 dollars) peu de temps après son plus haut depuis début janvier face au billet vert.

Paradoxalement dans cette séance agitée, l’actualité des valeurs se révélait plutôt calme. JCDecaux s’est distingué (+3,45%) grâce à un relèvement d’objectif d’Oddo BHF. Au sein du CAC 40, seul trois titres surnageaient : Danone (+0,48%), Engie (+0,17%) et encore plus symboliquement (+0,02%) STMicro.

Loin de l’indice phare, la levée de fonds de 70 millions d’euros réussie par l’éditeur de jeux vidéo Focus Home Interactive a tout de même été légitimement saluée (+5,2%).

Inversement, plusieurs titres d’entreprises plutôt très exposées au cycle économique comme ArcelorMittal (-5%), Renault (-4,2%) ou Publicis (-3,2%) étaient sanctionnés, sans nouvelle intrinsèque propre à chacune.

Total a cédé 3,3%, plombé par le repli des cours pétroliers (-3,3% pour le Brent) en lien avec les anticipations d’une hausse de l’offre iranienne sur fond de progrès dans ses discussions avec Washington sur le dossier nucléaire.

Guillaume Bayre – ©2021 BFM Bourse

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