CAC 40 : Le rapport américain sur l'emploi n'entrave pas la marche en avant du CAC 40

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(BFM Bourse) – Après un bref trou d’air en début d’après-midi en réaction à des créations d’emplois bien moins importantes que prévu aux Etats-Unis, le marché parisien est reparti de l’avant, aidé par les valeurs technologiques, et reprend 1,85% en rythme hebdomadaire.

Toujours vigoureux, le CAC 40 enregistre une nouvelle performance hebdomadaire positive, la cinquième en l’espace de six semaines. Sur cinq jours, la hausse s’élève à +1,85% compte tenu d’un gain de 0,45% vendredi, à 6.385,51 points. Après une matinée calme dans l’attente du rapport mensuel américain sur l’emploi -véritable pouls de l’économie, devant infirmer ou confirmer la vigueur de la reprise économique et les craintes inflationnistes qui vont avec-, le marché parisien a brièvement viré au rouge avant de terminer fort la séance, porté par les valeurs de croissance.

“Bad news is good news”

“Une véritable douche froide” selon John Plassard, directeur des investissements chez Mirabaud. De l’avis des experts du marché, le rapport mensuel sur l’emploi américain publié ce vendredi à 14h30 est mauvais. Alors que le consensus misait sur 1 million de créations d’emplois dans le secteur non-agricole en avril aux Etats-Unis, celles-ci n’ont progressé que de 266.000 – soit la deuxième plus grosse erreur des analystes depuis la création de ce rapport, après celle du mois de mars 2020.

Le nombre de créations d’emplois sur le mois précédent a également été nettement revu en baisse, de 916.000 à 770.000. Le taux de chômage s’établit ainsi à 6,1% à la fin du mois d’avril (contre 6% à fin mars, ce qui constitue sa première hausse depuis mai 2020), quand le consensus misait sur 5,8%. De quoi peut-être remettre en question la vigueur de la reprise économique tant attendue, mais surtout apaiser le regain des craintes inflationnistes qui pèse sur les valeurs de croissance depuis plusieurs séances.

“C’est un ralentissement époustouflant par rapport au mois de mars” où 770.000 emplois avaient été créés et “cela fait penser que les aides au chômage finissent par décourager la recherche d’emploi”, juge Patrick O’Hare de Briefing.com, selon qui “cela montre aussi que le marché s’est un peu enflammé avec son enthousiasme sur la reprise”.

“Forte baisse des créations d’emplois, hausse du chômage, baisse du salaire horaire annuel, il n’en fallait pas plus pour que les attentes d’une normalisation économique de la part de la Fed ne soient remises aux calendes grecques” a pour sa part réagi John Plassard. S’il juge cela “encourageant pour la perfusion des marchés (et notamment les valeurs de croissance), cela laisse tout de même planer des questions concernant les nombreuses aides du gouvernement américain qui semblent inciter certains Américains à rester chez eux” corrobore-t-il.

Beaucoup d’employeurs disent de fait avoir peiné à trouver des candidats, malgré les 16 millions de chômeurs et travailleurs indépendants qui percevaient toujours une allocation chômage (dont le montant a été relevé à 300 dollars par semaine jusqu’à fin août) mi-avril.

Pétrolières et bancaires à la peine

Au niveau des valeurs, les mouvements sont essentiellement à mettre sur le compte des réactions des différentes classes d’actifs à ce rapport sur l’emploi. Parmi les rares baisses du jour, les valeurs bancaires ont ainsi subi (-1,7% pour Crédit Agricole, -0,2% pour BNP Paribas). De l’autre côté, le compartiment technologique domine le palmarès du jour (+2,8% pour STMicro, +1,5% pour Worldline, +2% pour Atos, +1,2% pour Teleperformance), alors que s’éloigne le spectre de resserrement monétaire tant redouté par les valeurs dites de croissance, le président de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari ayant déclaré que les discussions sur le “tapering” (soit l’arrêt progressif du Quantitative Easing) étaient reportées au quatrième trimestre.

Sur le reste de la cote, le distributeur Casino a fait part d’un recul prononcé de ses ventes en France malgré la flambée des livraisons à domicile, ce que le marché sanctionne d’un repli de 2%. Le loueur de voitures Europcar, passé sous contrôle de ses créanciers nord-américains en début d’année, a réduit sa perte nette au premier trimestre et s’offre un rebond de 14%. Enfin, le savoyard Roctool qui développe de nouveaux procédés de fabrication de pièces plastiques ou composites à destination de différentes industries évolue peu (+0,8%) après avoir été pourtant choisi par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) pour développer les panneaux solaires du futur.

Le dollar dévisse

Du côté des rendements souverains, le taux des “Treasuries” à 10 ans a brusquement chuté de 1,57% à 1,49%, avant de revenir proche de son niveau d’avant publication du rapport sur l’emploi, à 1,56% vers 18h20. L’once d’or s’est pour sa part appréciée de plus de 20 dollars à plus de 1.840 dollars, un pic depuis fin février dernier, avant de rétrocéder environ la moitié de ses gains pour se négocier autour de 1.830 dollars. Le ralentissement de l’économie américaine provoque également un vif reflux du billet vert face à la monnaie unique, qui reprend 0,77% à 1,2158 dollar. Enfin, après avoir lâché du lest peu dans la matinée, les principales références mondiales de brut rebondissent et affichent des gains de 0,32% à 68,31 dollars pour le Brent et 0,18% à 65,01 dollars pour le WTI.

Quentin Soubranne – ©2021 BFM Bourse

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