CAC 40 : Volatil, le marché parisien trébuche dans la foulée d'un nouveau sommet annuel

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(BFM Bourse) – À l’image du brusque décrochage des indices américains, sous l’effet d’une nouvelle correction des valeurs technologiques, la Bourse de Paris a terminé la séance de mardi sur un repli de 0,9%, alors même que l’indice CAC 40 avait touché en matinée un nouveau plus haut annuel.

La séance de mardi s’annonçait plutôt calme, en l’absence d’actualité majeure, et alors qu’une partie des marchés asiatiques (Shanghai et Tokyo) bénéficiaient d’un nouveau jour férié. En réalité, elle s’est révélée particulièrement volatile. Tout d’abord bien engagé, l’indice CAC 40 a gravi un pic de 6.355,87 points, nouveau plus haut annuel, mais a commencé à réduire ses gains à partir de la mi-journée, passant en territoire négatif, puis creusant ses pertes jusqu’à 6.238,79 points (soit près de 120 points d’amplitude sur la journée), pour terminer sur un score de -0,89% à 6.251,75 points.

En hausse de plus de 13% depuis le début de l’année, le principal baromètre du marché parisien a semble-t-il déjà bien pris en compte la perspective d’une vigoureuse reprise de l’économie et des résultats, en moyenne, sensiblement supérieurs aux attentes de la part des grandes entreprises au titre du premier trimestre. Toutefois, les prochaines étapes pourraient se révéler plus délicates, puisqu’il faudra à un moment ou à un autre négocier l’obstacle d’un futur durcissement monétaire (et même de l’annonce de celui-ci) de la part de la Réserve fédérale américaine.

Une politique moins généreuse de l’institution pourrait impliquer une modération des valorisations des entreprises dites de croissance, souvent résumées aux fameuses grandes sociétés technologiques américaines, tandis que le redressement du cycle économique profiterait aux sociétés plus cycliques. C’est en tous cas la lecture que semble faire actuellement les investisseurs, d’où une correction cuisante du Nasdaq américain (-2,9% à l’approche de la mi-séance à Wall Street) tandis que le S&P 500 -dont les principales pondérations sont globalement les mêmes suspects habituels- reculait de 1,5%. Le Dow Jones (un peu moins marqué “high tech” malgré l’intégration d’Apple il y a un peu plus de six ans maintenant) sauvait à peu près les meubles, limitant son repli sous -0,8%.

Plus tard cette semaine, la publication du rapport mensuel sur l’emploi américain retiendra particulièrement l’attention des investisseurs. En cas de chiffres dépassant les attentes, le marché pourrait se voir conforté dans ses anticipations d’une inflation plus forte et pérenne que ce que la Fed semble prévoir pour l’instant. Car les perspectives de reprise économique apparaissent robustes, le président de la Fed de New York ayant même annoncé que le PIB des Etats-Unis pourrait atteindre en 2021 son rythme de croissance le plus rapide depuis le début des années 1980, à savoir 7%. Il a souligné qu’il convenait de ne pas surréagir à la volatilité des prix qui résulterait des circonstances inédites du moment – mais les craintes inflationnistes n’en sont visiblement pas moins présentes à l’esprit des investisseurs.

À Paris, le compartiment technologique a subi au premier chef la perte d’appétit pour les valeurs bénéficiant de multiples de valorisation plus élevés que les valeurs cycliques. Dassault Système, Worldline ont fini en queue de peloton du CAC 40, STMicro perdant aussi plus de 2%. C’est cependant Airbus qui a fermé la marche (-3,2%), sans actualité opérationnelle particulière pour autant.

Le rythme des publications a ralenti mais réservait néanmoins encore quelques bonnes surprises aux investisseurs, en particulier pour Trigano, dont la marge opérationnelle a atteint un record (à 11,1%). Le titre du le n°2 européen des camping-cars a décollé de 11,5%, à un sommet depuis près de deux ans. Hésitant tout au long de la séance, Bonduelle a fini par céder 0,9% après avoir fait part d’un léger déclin de ses revenus sur le premier semestre, qui souffrait toutefois d’une base de comparaison très défavorable en raison des achats de précaution réalisés au début de la crise sanitaire. Également à signaler, l’avance de 3,4% du titre Dassault Aviation après l’officialisation d’un contrat portant sur 30 appareils par l’Egypte.

Au chapitre énergétique, les cours du brut poursuivaient leur vigoureux entamé leur rebond entamé la veille, alors que les perspectives d’un rebond de la demande dans les pays développés prenaient clairement le pas sur les inquiétudes liées à la situation sanitaire pourtant très préoccupante en Inde, 3e consommateur mondial. Le baril de Brent s’appréciait de 1,85% à 68,81 dollars et celui de WTI 1,77% à 65,63 dollars. Enfin, sur le Forex, le dollar reprenait du terrain face à la monnaie unique (qui cédait en fin de journée 0,32% à 1,2026 dollar) après avoir souffert la veille du repli des rendements obligataires américains.

Guillaume Bayre – ©2021 BFM Bourse

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