Credit Agricole SA : La Bourse salue la distribution d'un généreux dividende par le Crédit Agricole

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(BFM Bourse) – Le Crédit Agricole est parvenu à limiter le recul de son bénéfice net à -44% sur l’ensemble de l’exercice 2020, ce qui lui permet de proposer une politique de distribution assez généreuse.

Au sommet du palmarès d’un CAC 40 quasiment inchangé, le titre Crédit Agricole avance de 3,8% à 10,61 euros peu avant 13h, au plus haut depuis un mois. Si la deuxième banque cotée française a fait part d’un plongeon de son bénéfice net au 4e trimestre, conséquence de lourdes charges exceptionnelles, les investisseurs applaudissent sa politique de distribution généreuse.

Fort d’un ratio de solvabilité “Common Equity Tier 1” (CET1) de 13,1% fin décembre (contre 12,1% un an plus tôt), supérieur de 5,2 points de pourcentage aux exigences réglementaires révisées par la BCE en décembre dernier à 7,9% pour le véhicule coté du groupe Crédit Agricole (contre 8,55% en décembre dernier), le Crédit Agricole prévoit en effet de verser un dividende de 0,80 euro par action – soit les deux tiers de son bénéfice net par action sous-jacent sur l’exercice 2020, quand sa politique traditionnelle le plafonne à 50%. Sur la base d’un cours à 10 euros, cela correspond également à un rendement de 8%, quand le groupe affiche une rentabilité annuelle moyenne de ses dividendes de 4,25% sur les cinq dernières années (2016-2020) selon notre dernier palmarès BFM Bourse.

Un effet de rattrapage

C’est “plus qu’un dividende normal”, a expliqué le directeur général de Crédit Agricole SA Philippe Brassac. “Nous commençons à rattraper ce qui aurait pu, ce qui aurait dû, être payé à nos actionnaires” en 2020, avant que la BCE n’interdise le versement de dividendes pour le secteur, a ajouté le dirigeant. Le bureau d’études Jefferies souligne “une bonne surprise”.

Afin de ne pas enfreindre les règles fixées par l’institution monétaire, cette distribution généreuse est assortie d’une option de paiement en actions à laquelle la SAS La Boétie (holding détenu à 100% par les caisses régionales de Crédit agricole et qui contrôle 55% du capital de Crédit Agricole SA), s’est déjà engagée à souscrire.

Crédit Agricole SA suppose que les fonds communs de placement des salariés et une partie des minoritaires opteront également pour un versement en actions. Le groupe prévoit par ailleurs un programme de rachat d’actions pouvant aller jusqu’à 5% du capital, qui sera mis en œuvre en deux temps : après le détachement du dividende (traditionnellement fin mai), puis “une fois que les contraintes réglementaires seront levées”.

“L’action Crédit Agricole n’est pas comme les autres: nous sommes dans un groupe plus large, le groupe Crédit agricole (qui comprend notamment Amundi, LCL et BforBank), dont la solvabilité est beaucoup plus élevée”, a tenu à rappeler Philippe Brassac lors d’une conférence de presse en ligne.

Les provisions font plonger le bénéfice trimestriel

Les annonces sur le dividende ont quelque peu éclipsé les résultats trimestriels en forte baisse dévoilés par le groupe. Sur la période octobre-décembre, la banque mutualiste a vu son bénéfice net part du groupe fondre de 92,6% sur un an, à 124 millions d’euros. Ajusté des éléments exceptionnels d’un montant total de 851 millions (principalement liés à une dépréciation d’écart d’acquisition de sa filiale italienne -Cariparma, rachetée en 2007 et devenue Crédit agricole Italia- pour 778 millions), ce bénéfice net trimestriel ressort néanmoins à 975 millions d’euros, soit un repli limité à 26% par rapport aux trois derniers mois de 2019.

“Au quatrième trimestre, l’activité des métiers du Groupe a été dynamique en dépit de ce nouveau confinement, et sur l’année 2020, l’activité a été globalement bonne, grâce à des rebonds après chaque confinement”, a commenté la banque mutualiste dans son communiqué de résultats.

Sur l’ensemble de l’exercice, le véhicule coté du groupe Crédit Agricole a enregistré une baisse de son bénéfice net (part du groupe) de 44,4% à 2,69 milliards d’euros, notamment pénalisé par un coût du risque multiplié par 2,1 en douze mois, à 2,6 milliards d’euros. Il fait ainsi moins bien que le n°1 français du secteur BNP Paribas, parvenu à dégager plus de 7 milliards de bénéfice net en 2020 en limitant son repli à -13,5% sur un an, mais mieux que Société Générale qui a dévoilé une perte nette historique (de 258 millions d’euros) ce mercredi.

Le produit net bancaire du groupe -équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur bancaire- a progressé de 1,7% pour s’établir à 20,5 milliards d’euros en 2020. Jefferies salue de “très bonnes performances” en notant que la quasi-totalité des divisions ont dépassé les attentes tandis que les provisions sont restées contenues.

Quentin Soubranne – ©2021 BFM Bourse

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