HOPIUM : Le constructeur français de berlines à hydrogène Hopium n'en finit plus de flamber au Marché Libre

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(BFM Bourse) – Introduit par cotation directe à un euro, le titre Hopium se négocie actuellement à 37,80 euros sur le Marché Libre. Le groupe créé en 2019 par l’ancien pilote Oliver Lombard a dévoilé son premier prototype roulant la semaine dernière à l’occasion de la semaine Viva Technology.

Tesla français ou coquille vide ? Inconnue avant son arrivée sur Euronext Access le 23 décembre dernier, la société française qui entend développer “le premier véhicule haut-de-gamme zéro émission, propulsé à l’hydrogène” connaît une folle ascension boursière sur ses six premiers mois de cotation. Introduite par cotation directe (sans levée de fonds) à un prix d’émission fixé à 1 euro par titre, Hopium a depuis vu son cours multiplier par… 37, grâce à un nouveau gain de 8% ce vendredi, au lendemain d’un bond de 12,9% ce jeudi (qui porte à 48% sa progression hebdomadaire), à 37 euros par titre. La valorisation du groupe a ainsi bondi de 11,7 millions d’euros à l’issue de l’opération, à 464 millions ce vendredi.

Objectif: un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2030

Derrière ce groupe sorti de nulle part -il s’est fait connaître en publiant ce communiqué, puis cette vidéo les 1er et 2 octobre dernier- se cache Olivier Lombard, le plus jeune vainqueur des 24h du Mans en catégorie LMP2 (écuries indépendantes) en 2011, à 20 ans, qui a également fondé la start-up Hydrogen Motors Company, maison-mère d’Hopium qui ambitionne de “devenir le leader européen du secteur (de l’hydrogène, NDLR) tout en développant un nouvel écosystème idéaliste, à la fois technologique et institutionnel”. Tout un programme.

Les objectifs affichés par Oliver Lombard sont pour le moins ambitieux. Dans le communiqué publié fin décembre à l’occasion de l’introduction en Bourse du groupe, il était ainsi indiqué qu’Hopium ambitionnait de devenir “la marque de référence mondiale de la mobilité́ hydrogène avec un objectif d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2030”.

Oliver Lombard compte également concourir aux 24h du Mans 2024 au volant d’une voiture Hopium. Celle-ci sera une sportive haut-de-gamme (à un prix d’environ 120.000 euros) avec une autonomie de 1000 kilomètres, une puissance de 500 chevaux, et ne nécessitera que 3 minutes de temps de recharge -un record- selon le groupe, qui précise qu’en plus d’un bilan carbone neutre, la voiture pourra atteindre une vitesse de 230 KM/H.

La production en série et l’assemblage des premiers modèles devraient débuter au premier semestre 2025 pour une commercialisation à la fin du second semestre de la même année, promet le groupe. “La société et ses actionnaires ont fait le choix de la bourse pour accentuer la visibilité et la notoriété nécessaires à un projet très ambitieux et pouvoir potentiellement faire appel au marché pour financer les différentes phases de conception, développement et industrialisation du véhicule jusqu’en 2025” soulignait Hopium dans son communiqué du 23 décembre dernier.

Hopium tient ses promesses

Pour l’heure, le groupe parfois comparé à Tesla dans son approche de rupture technologique tient ses promesses initiales. Après avoir présenté son concept de plateforme technologique fin janvier dernier, avec un système de pile à combustible et des composantes connexes (BOP) génèrent l’électricité nécessaire pour propulser le véhicule à l’avant, la jeune pousse parisienne vient de présenter son tout premier prototype roulant à l’occasion de la semaine Viva Technology à Paris. “Annoncé en octobre 2020 et réalisé en un temps record dans l’atelier d’essai de Linas-Montlhéry (dans l’Essonne), ce démonstrateur technique baptisé Alpha 0, met l’accent sur la fiabilité du système de pile à combustible” explique Hopium.

Capable d’atteindre 200 KM/H, cette version test frise déjà les performances promises par l’Hopium Māchina dans sa version définitive” ajoute le groupe. La révélation de cette vitrine technologique s’accompagne de l’ouverture d’un carnet de commandes pour les 1000 premières unités numérotées de l’Hopium Māchina, dont le tarif de réservation s’établit à 410 euros, en référence au spectre lumineux de l‘hydrogène.

Entre-temps, Hopium avait conclu un partenariat avec l’équipementier automobile Plastic Omnium pour développer le système de stockage d’hydrogène du modèle de série de la Māchina. S’appuyant sur près de 40 brevets et une gamme de réservoirs développés en interne et certifiés, Plastic Omnium produira un prototype de réservoir de stockage haute pression, qui sera ensuite mis à disposition d’Hopium pour la réalisation de tests. Intégrée au châssis du véhicule, cette nouvelle génération de réservoirs doit permettre à Hopium “de maximiser la quantité d’hydrogène embarquée pour atteindre son objectif ambitieux de 1000 kilomètres d’autonomie”. Le design de la Māchina a pour sa part été confié à Félix Godard, notamment passé par Porsche et… Tesla.

Côté financements, la société a bouclé un tour de table à 5 millions d’euros, réalisé par placement privé auprès d’un cercle restreint d’investisseurs via l’émission de 584.795 actions nouvelles à un prix de 8,55 euros par action, tout juste un mois après l’introduction en Bourse. À l’issue de l’opération, Olivier Lombard détient 51% du capital, le reste constituant le flottant.

Sa passion pour l’hydrogène, le jeune (30 ans) patron du groupe la tient de ses sept années passées comme pilote de développement chez le laboratoire d’ingénierie suisse GreenGT qui conçoit et produit des dispositifs de propulsion sans batterie alimentés en électricité par un générateur fonctionnant à l’hydrogène. C’est en voyant GreenGT parvenir a créer puis perfectionner deux voitures à pile à combustible (la H2 et la H2 Speed) qu’il a eu le déclic. “Avec le temps, j’ai pu voir que cette technologie est aujourd’hui arrivée à maturité et qu’elle peut être appliquée à une voiture de route haut-de-gamme et performante. J’ai vraiment réalisé qu’il y avait une belle opportunité à saisir”.

Le groupe prévoit désormais de lever 100 millions d’euros cette année pour financer sa première phase de développement et permettre de lancer leur premier véhicule en pré-production, avant une deuxième phase, plus industrielle, qui comprendra notamment la construction de l’usine et nécessitera des montants de l’ordre de 300 millions d’euros, a-t-il détaillé dans un entretien à Auto Moto fin mai dernier.

Quentin Soubranne – ©2021 BFM Bourse

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