Inégalités : les retraités moins touchés que les actifs

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Selon le dernier rapport annuel du COR, les retraités les plus aisés ont un niveau de vie trois fois plus élevé que celui des plus modestes. Un écart moins important que celui observé chez les actifs.

C’est une des spécificités françaises. Depuis quelques années, le niveau de vie* des retraités est légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population. En 2018, la moitié des retraités avait un niveau de vie supérieur à 1828 euros par mois quand le niveau de vie médian de l’ensemble de la population avoisinait les 1770 euros, comme le souligne le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR).

Ce constat cache cependant des disparités. Ainsi, en prenant en compte l’ensemble de leurs ressources financières (pensions, revenus du patrimoine, etc.), les 10% des retraités les plus aisés ont un niveau de vie près de 2,9 fois plus élevé que celui des 10% les plus pauvres. Un écart conséquent mais moins important que celui observé chez les actifs (x3,4) ou dans l’ensemble de la population (x3,5).

Cela s’explique par le fait que les retraités les plus modestes ont un niveau de vie légèrement supérieur aux plus pauvres, tous âges confondus. Le COR relève que les 10% des actifs les plus pauvres ont un niveau de vie inférieur à 1024 euros par mois contre 1103 euros pour les 10% des retraités les plus pauvres. A l’inverse, le niveau de vie des 1O% des actifs les plus riches (ceux qui disposent d’au moins 3473 euros par mois) tend à baisser, une fois à la retraite (3170 euros). Ce qui réduit mécaniquement les inégalités entre les extrêmes.

Des évolutions de niveau de vie contrastées

Par ailleurs es dernières années, les retraités n’ont pas tous vu leur niveau de vie évoluer de la même manière. La hausse de la CSG décidée au début du quinquennat d’Emmanuel Macron ne concernant pas les retraités les plus modestes, elle a affecté en 2017 et 2018, le niveau de vie d’une partie des mieux lotis d’entre eux, à savoir les retraités dont le niveau de vie était compris entre 2223 et 3261 euros par mois.

Inégalités de niveau de vie parmi les retraités, les actifs et l'ensemble de la population en 2018

En revanche, les 5% des retraités les plus riches n’ont pas vu leur niveau de vie baisser entre 2017 et 2018, souligne le COR, qui explique cette exception par l’instauration du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus de l’épargne qui leur a davantage été profitable. Et pour cause: ces ménages complètent davantage que les autres leur pension avec des revenus du patrimoine. Ils pèsent 21% du revenu total (avant prélèvements fiscaux et sociaux) des 10% des retraités les plus aisés, contre 14% en moyenne chez l’ensemble des retraités.

Malgré tout, le rapport de niveaux de vie entre les retraités les plus aisés et les plus modestes est resté stable aux alentours de x3 depuis 20 ans, alors qu’il a eu tendance à augmenter chez les actifs depuis 2007 et notamment depuis 2010 en raison de la crise financière.

*Niveau de vie et unité de consommation

Le niveau de vie correspond au revenu disponible des ménages (ensemble des revenus après redistribution) divisé par le nombre d’unités de consommation. Il est en effet plus juste de raisonner avec cet indicateur pour tenir compte de l’évolution de la taille et de la structure des ménages: une personne seule vivant avec 2000 euros par mois n’a pas le même niveau de vie qu’un couple disposant du même revenu à deux.

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