Le climat et la finance verte s'imposent chez les grands investisseurs

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(BFM Bourse) – Si seulement 17% des investisseurs institutionnels interrogés disent s’être déjà fixé des objectifs zéro-carbone, une enquête commandée par le gérant d’actifs Robeco révèle que les questions climatiques prennent de plus en plus de place dans les politiques d’investissement des sondés.

La prise de conscience est massive et collective. Longtemps délaissés, les opportunités et risques associés au réchauffement climatique sont désormais au cœur de la stratégie des investisseurs institutionnels. De fait, alors que la secrétaire au Trésor américain Janet Yellen a (de nouveau) affirmé mardi devant la chambre des Représentants que “le changement climatique pose des risques très graves pour le bien-être de l’humanité”, 86% des sondés dans le cadre robeco.com/en/media/press-releases/2021/robeco-survey-reveals-big-investor-shift-on-climate-change-and-decarbonization.html”>d’une étude -commandée par Robeco et menée auprès de 300 des plus grands investisseurs institutionnels et publiée le 22 mars- indiquent que le changement climatique sera au centre de leur politique d’investissement, ou qu’il en deviendra un facteur déterminant dans les deux prochaines années. Une part en nette augmentation par rapport à aujourd’hui (73%) et plus encore par rapport à 2018, lorsqu’un tiers seulement d’entre eux considéraient ce critère comme un facteur déterminant de leur stratégie d’allocation.

La quasi-totalité des personnes interrogées ont par ailleurs indiqué qu’elles disposaient déjà d’une politique officielle relative au réchauffement climatique ou que le climat serait intégré dans une politique plus générale en matière de durabilité dans un avenir proche.

Pour les gérants, l’une des voies possibles consiste à fixer des objectifs de neutralité carbone. Si la part d’investisseurs s’étant déjà fixé un objectif zéro carbone reste relativement faible (17%), elle est également en nette augmentation et devrait atteindre plus de la moitié de l’ensemble des investisseurs (52%) dans les cinq prochaines années. Ce changement aura lieu principalement en Europe et en Amérique du Nord, où plus de 60% des investisseurs prévoient d’adopter un objectif zéro carbone dans ce délai. La région Asie-Pacifique est à la traîne, avec seulement 29% des investisseurs qui projettent d’en faire de même.

Des investisseurs parfois perdus

La proportion d’investisseurs qui n’ont décarboné aucune partie de leur portefeuille devrait également diminuer de manière significative. Actuellement à 42%, celle-ci devrait chuter à 19% dans les 5 prochaines années, selon les résultats de l’enquête “2021 Global Climate Survey”

Selon le PDG de Robeco Gilbert Van Hassel, celle-ci a “montre que la grande majorité des investisseurs s’engagent à lutter contre le réchauffement climatique, ce qui est encourageant”. Sauf que, d’un autre côté, elle a “également révélé d’importantes lacunes en matière de compréhension des principaux enjeux, de nombreux investisseurs ne sachant pas par où commencer, ni comment faire la différence”. “Il est grand temps d’agir” s’emporte-t-il.

L’étude met de fait en avant le fait que 44% des sondés considèrent le manque de données et d’informations comme le principal obstacle à la mise en œuvre de la décarbonation. C’est en Europe que cette proportion est la plus élevée (58%) tandis que, dans la région Asie-Pacifique, la pénurie de stratégies d’investissement bas carbone est la plus grande préoccupation (54%). En Amérique du Nord enfin, 54% des gérants interrogés estiment que le manque d’expertise interne en matière de décarbonation constitue à ce stade leur plus grand défi (45%).

L’Accord de Paris en ligne de mire

“En tant que leader de l’investissement durable (Robeco revendique un statut de “leader” sur ce segment depuis 1995 et a été reconnu comme un “leader de l’ESG” par l’agence de notations de fonds Morningstar en novembre dernier, NDLR), il est de notre devoir de partager notre passion et notre expertise avec ceux qui n’en sont pas encore spécialistes, pour que nous puissions, ensemble, relever l’un des plus grands défis auxquels l’humanité est confrontée : la crise climatique” développe Gilbert Van Hassel.

Or, si 69% des sondés pensent que les objectifs de l’accord de Paris sur le réchauffement climatique (de contenir celui-ci “nettement en dessous de 2°C d’ici à 2100” par rapport aux niveaux préindustriels) sont toujours atteignables moyennant des changements majeurs sur les plans économiques et sociaux, 80% estiment que les gouvernements devront faire beaucoup plus pour y parvenir.

Quentin Soubranne – ©2021 BFM Bourse

Actu et Conseils – BFM Bourse

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