Les dons aux enfants ou petits-enfants ne concernent qu'une petite minorité de Français

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Age moyen, patrimoine, montants transmis… Dans une étude parue ce mercredi, l’Insee dresse le profil des donateurs et des donataires. 8% seulement des Français cèdent une partie de leur patrimoine de leur vivant.

Enjeu central de la reprise économique, la colossale épargne accumulée par les ménages depuis le début de la crise est au cœur des débats depuis plusieurs mois. A Bercy, une piste est sérieusement étudiée: alléger la fiscalité sur les transmissions entre générations, de sorte qu’une portion de cet argent qui dort finisse dans les poches des jeunes pour relancer la consommation.

Mais cette mesure défendue par Bruno Le Maire fait l’objet de critiques à gauche où l’on estime qu’il s’agirait d’un cadeau aux plus aisés. Le ministre de l’Economie a toutefois assuré que ce coup de pouce fiscal ne porterait que sur “quelques milliers d’euros” pour ne pas favoriser uniquement les ménages les plus riches.

Un ménage sur cinq a reçu une donation

La note sur les donations des ménages publiée par l’Insee ce mercredi arrive à point nommé pour y voir plus clair sur le profil à la fois des Français qui préfèrent transmettre une partie de leur patrimoine de leur vivant et de ceux qui, par ricochet, bénéficient de ce choix. Ainsi en 2018, près d’un ménage français sur cinq (18%) avait reçu une donation au cours de sa vie tandis que les donateurs représentaient 8% de la population. Dans la grande majorité des cas (87%), les parents sont à l’origine des donations reçues, contre 9% pour les grands-parents.

Les donations purement financières (argent, assurance-vie, valeurs mobilières) sont un peu plus nombreuses (52%) que celles portant sur un bien immobilier (49%). Surtout, dans plus de la moitié des cas, ces transmissions sont inférieures à 30.000 euros, alors que celles comprises entre 30.000 et 100.000 euros représentent 31% de l’ensemble et celles dépassant 100.000 euros, 19%.

Des donateurs plutôt âgés

Sans surprise, les donateurs sont majoritairement des personnes âgées souhaitant anticiper leur succession en profitant (généralement) d’avantages fiscaux. C’est ce qui explique que près de deux tiers des ménages donateurs (65%) ont une personne de référence de 70 ans ou plus, tandis que 8% seulement ont une personne de référence de moins de 60 ans. Et dans 85% des cas, la personne qui effectue le don est à la retraite.

Les donateurs semblent d’ailleurs de plus en plus âgés puisque les ménages de 70 ans ou plus ayant fait une donation en 2010 représentaient 56% des donateurs, soit 9 points de moins qu’en 2018. A l’inverse, les donateurs de moins de 60 ans constituaient 17% de l’ensemble.

Les donataires, ceux qui reçoivent la donation donc, sont principalement des personnes âgées entre 40 et 59 ans (45%) tandis que les ménages plus jeunes (personne de référence de moins de 30 ans) ne représentent que 5% des donataires et seuls 10% d’entre eux déclaraient en 2018 avoir déjà reçu une donation.

Autre enseignement tiré de cette étude de l’Insee: les donataires sont plus fréquemment des cadres, des indépendants ou des personnes exerçant une profession intermédiaire (18%). Si les employés et ouvriers pèsent autant (18%), ces derniers sont plus nombreux au sein de la population générale (27% des ménages contre 10% pour les cadres). D’ailleurs, seuls 12% des ménages employés ou ouvriers disent avoir déjà reçu une donation au cours de leur vie contre 31% des cadres.

Quel montant?

Plus on est jeune, plus le montant de la donation est faible. En effet, 26% des donations reçues par les jeunes de moins de 30 ans sont inférieures à 8000 euros, contre 19%, tous âges confondus. Les 40-59 perçoivent, eux, les donations les plus élevées (23% de plus de 100.000 euros contre 19% pour l’ensemble des ménages). Et plus de la moitié de ces donations (53%) comportent un bien immobilier.

Enfin, les donations comprises entre 30.000 et 100.000 euros sont plus fréquentes chez les donataires âgés de 60 ans ou plus (43% contre 31% en population générale). Contrairement au 40-59 ans, il s’agit dans 60% des cas de bien financier.

Un patrimoine souvent supérieur à la moyenne

En général, le patrimoine net des donateurs est nettement plus élevé que la moyenne des Français: 613.000 euros (en 2018) contre 239.900 euros dans l’ensemble de la population.

“Cet écart important s’explique en partie par le fait que la population des donateurs est plus âgée que l’ensemble des ménages. Pour contrôler ces différences d’âge on peut comparer le patrimoine moyen des donateurs avec celui des ménages de 60 ans ou plus, qui s’élève à 309.900 euros. Ainsi, à âge comparable, les ménages donateurs sont en moyenne encore deux fois plus dotés que l’ensemble”, souligne l’institut de la statistique. Le patrimoine net médian des ménages donateurs s’élève quant à lui à 317.400 euros, contre 117.000 euros pour l’ensemble des ménages.

Même constat si l’on observe les revenus des ménages donateurs dont le quart (24%) dispose d’un niveau de vie supérieur à 40.000 euros, contre 9% dans l’ensemble des ménages. Ils sont en outre 13% à avoir un niveau de vie supérieur à 50.000 euros, contre 4% en population générale.

Si les donateurs sont généralement mieux lotis que la moyenne, c’est également le cas des donataires dont le patrimoine net moyen est de 472.300 euros. Près d’un donataire sur cinq (18%) dispose en outre d’un niveau de vie supérieur à 40.000 euros. Et plus de la moitié des donataires (55%) font partie des 30% les mieux dotés en patrimoine net et un quart intègre même les 10% mieux dotés.

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