Or : Les épargnants du monde entier se ruent sur les pièces et les lingots d'or

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(BFM Bourse) – Les épargnants turcs à la recherche d’une protection face à la dévalorisation de leur monnaie nationale n’ont pas été les seuls, loin de là, à acquérir de l’or physique. De la Chine aux Etats-Unis, la demande de pièces et lingots a de nouveau progressé au trimestre écoulé, à un niveau inédit depuis fin 2016.

La demande pour l’or a représenté l’équivalent de 815,7 tonnes de métal jaune au cours du premier trimestre, selon le rapport trimestriel du World Gold Council. Un montant en diminution par rapport à la même période de 2020, surtout du fait d’une moindre demande pour les ETF permettant d’investir (ou de spéculer) sur les cours du métal jaune. En revanche, la demande pour les pièces et lingots d’or a prospéré, atteignant même un niveau inconnu depuis plus de quatre ans.

Le dernier rapport du World Gold Council, la fédération mondiale des principaux producteurs d’or, dresse le portrait d’une demande mondiale d’or “en phase de normalisation”, observe Laurent Schwartz, PDG du Comptoir National de l’Or. C’est à dire moins de demande d’investissement, mais davantage de demande bijoutière et industrielle.

Dans un contexte d’une poursuite de la progression des actifs à risque et de renchérissement des taux, et en corolaire d’une baisse des cours du métal précieux, les fonds indiciels cotés (ETF) axés sur l’or ont subi d’importants retraits de capitaux, équivalent à 177,9 tonnes, selon le World Gold Council.

Les particuliers profitent de la baisse des cours

Mais un phénomène global se démarque : la demande pour des lingots et des pièces d’or par les particuliers est au plus haut depuis le quatrième trimestre 2016. L’investissement sous forme de “bar and coin” a porté sur pas moins de 339,5 tonnes, soit 36% de plus qu’à la même période de la même année et le meilleur niveau depuis le quatrième trimestre 2016. Il s’agit en outre du troisième trimestre consécutif de progression pour les lingots et les pièces. “L’explication semble toute simple : dans cette situation économique et sanitaire toujours incertaine, les particuliers ont profité de la baisse des cours pour faire des achats !”, analyse Laurent Schwartz.

En effet, après avoir atteint un pic à près de 2.063 dollars début août (un record historique), le prix de l’once d’or a reculé de près de 14% à près de 1.770 dollars aujourd’hui.

En Chine, la vente de lingots et pièces a atteint 86 tonnes au premier trimestre, soit une augmentation 133% en un an, et de plus de 20% si on la compare aux niveaux de 2019. En Inde, il s’agit du meilleur début d’année depuis 2015. En Turquie, la demande a doublé en un an sur fonds d’incertitudes politiques et économiques.

Une demande qui a doublé aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, les 26 tonnes achetées correspondent au double de la moyenne de ces 5 dernières années. La vente d’American Eagle -les pièces les plus vendues de l’US Mint, disponibles notamment au poids d’un dixième d’once, un quart d’once, une demie-once et une once- a carrément atteint au premier trimestre son plus haut niveau depuis 2010.

A noter également que la demande pour la joaillerie a bondi de 52%, avec une consommation de 27.5 milliards de dollars, du jamais-vu depuis le premier trimestre 2013. Il faut noter qu’une bonne part de la consommation de joaillerie en or émane de l’Inde, où une partie des bijoux sont en fait acquis à titre d’épargne ou de placement.

Le rapport du World Gold Council témoigne un outre de l’intérêt des banques centrales pour le métal ces derniers temps, puisque les réserves nettes d’or de ces institutions ont crû par rapport au quatrième trimestre 2020 (mais sont encore en repli sur un an).

Plus marginale, la demande d’or pour les applications technologiques (notamment les composants électroniques, qui à poids équivalent contiennent 40 fois plus d’or qu’un minerai aurifère !) a quant à elle progressé de 11% sur un an.

Guillaume Bayre – ©2021 BFM Bourse

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