1er excédent de la balance des comptes courants depuis 1990

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Espoir pour l’Espagne ? Selon la Banque d’Espagne, le pays a enregistré entre janvier et septembre le premier excédent de la balance de ses comptes courants …. depuis 1990,son montant s’élève à 2,9 milliards d’euros. Rappelons à cet égard que l’Espagne avait affiché un déficit de 15,7 milliards un an plus tôt.

Il n’en demeure pas moins que si le gouvernement espagnol annonce annoncer à cor et à cris que le budget 2014 sera «le premier budget de la reprise», des chiffres officiels publiés en octobre dernier indiquaient que les créances douteuses des banques espagnoles avaient atteint un nouveau record historique en août, à 180,673 mrd EUR, correspondant désormais à 12,12% du total des crédits.

Reste que pour le seul mois de septembre, la balance de ses comptes courants de l’Espagne affiche certes un excédent de 339 millions d’euros, contre un déficit de 401,9 millions il y a un an. Déficit 2012 qui avait néanmoins chuté de 78 % durant l’année. Les analystes estiment pour leur part que le pays pourrait achever l’année 2013 en affichant un excédent de la balance courante. Ce qui, le cas échéant, serait le premier enregistré depuis 26 ans …

La méthode « miracle » ? une « réduction notable du déficit commercial » selon la Banque d’Espagne. Lequel a chuté de 70% durant les 9 premiers mois de l’année, passant de 22,2 milliards d’euros observés sur la même période 2012 à 6,67 milliards.

Une excellente performance due à l’augmentation des exportations (+6,8%) assortie dune baisse des importations (-2%).
La balance des services a vu son excédent augmenter de 5,3% par rapport à la même période 2012, atteignant désormais 31,3 milliards d’euros. Un secteur clé de l’économie espagnole dopé par le tourisme, dont l’excédent de la balance aura atteint 26,8 milliards (+3,8%) durant la période.

Signe prometteur : les investisseurs internationaux ont placé 46,8 milliards d’euros dans le pays entre janvier et septembre, alors que durant les 9 premiers mois 2012, ils en avaient retiré plus de 224 milliards.  Mieux encore : vendredi, l’agence de notation Standard & Poor’s a relevé à « stable » la perspective du pays, suivant ainsi la tendance affichée par Fitch quelques semaines précédentes.

Néanmoins, la prudence doit être de mise, tout ne pourrait pas être aussi idyllique que ce l’on voudrait nous faire croire.

De nombreux promoteurs et particuliers se voient ainsi encore dans l’impossibilité de rembourser leurs emprunts compte-tenu de leur situation économique et financière. Un phénomène qui risque d’entraîner les établissements financiers espagnols vers de nouveaux abysses.

Rappelons que dans le cadre du plan de sauvetage mis en place par l’Union européenne, une structure de défaisance, ou « bad bank », baptisée « Sareb » a été mise en place dans le secteur bancaire espagnol. Si en décembre 2012, le transfert des actifs toxiques des quatre banques nationalisées vers la Sareb avait permis en temps de faire chuter le taux et le montant des créances douteuses, l’accalmie n’aura été que passagère.

En octobre dernier, l’organisation catholique Caritas l’organisation catholique Caritas a quant à elle lancé un nouveau cri d’alarme sur l’extrême pauvreté qui frappe la population espagnole, les inégalités progressant quant à elles de manière importante.

Selon Caritas, en Espagne, plus de 3 millions de personnes – sur un total de 47 millions d’habitants –  vivent avec moins de 307 euros par mois. Le nombre de pauvres est lui encore plus élevé. Si l’on en croit  l’office de statistiques INE, 13% des ménages espagnols seraient en très grande difficulté.
Situation qui ne devrait pas s’améliorer à court terme, contrairement aux affirmations du gouvernement espagnol, censées rassurer ses créanciers. En effet, l’organisation espagnole pointe du doigt un processus d’appauvrissement de la société espagnole, le taux de pauvreté s’établissant à 21,1% (selon un calcul incluant les personnes ayant des revenus inférieurs à 7.355 euros par an) tandis que le taux chômage s’élève à 26,26%.

« Alors que beaucoup d’analystes, d’hommes politiques et d’économistes parlent de la lumière au bout du tunnel, ce que nous voyons en observant la réalité, c’est que nous sommes dans le tunnel de l’injustice et de la pauvreté », a ainsi déclaré Sebastian Mora, le secrétaire général de Caritas, lors d’une conférence de presse à Madrid.  Estimant que les indicateurs économiques sont loin de la réalité du terrain, comptabilisant des situations macro-économiques, les très bons chiffres annoncés par les dirigeants actuels du pays ne lui semblent malheureusement pas incompatibles avec le quotidien douloureux de la population la plus pauvre.

Selon Caritas, l’Espagne remporte ainsi une bien triste médaille d’or en Europe : 20% de la population la plus riche concentre sept fois et demie plus de richesse que les 20% les plus pauvres.  Un phénomène qui devrait prendre de l’ampleur si l’on en croit l’organisation, l’augmentation du nombre de chômeurs de longue durée et les politiques d’austérité étant deux facteurs propices à l’arrivée d’une seconde vague de pauvreté. Voire une seconde étape dans le processus d’appauvrissement des Espagnols.

Sources : AFP, AWP

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