Accord libre-échange Corée du Sud / US : révision compromise par Trump

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Accord libre-échange Corée du Sud / US : révision compromise par Trump

La révision d’un accord de libre-échange entre la Corée du Sud et les États-Unis serait menacée, après la menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane élevés sur les importations de pièces automobiles et véhicules.

La Corée du Sud remet en cause la révision de l’accord

Le Wall Street Journal a ainsi rapporté mardi que le parlement sud-coréen pourrait ne pas ratifier le seul accord de libre-échange que l’administration Trump a réussi à renégocier, à moins que Washington n’exempte Séoul de droits de douane potentiels de 25% sur les importations automobiles.

Double peine pour Donald Trump, le cas échéant : en effet le caractère exceptionnel de l’aboutissement d’une telle renégociation aurait pu ouvrir la voie à d’autres de ce type.

Mais désormais, l’accord serait compromis, Trump ayant par la suite menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 25% sur les importations de pièces automobiles et de véhicules pour des raisons de sécurité nationale.

Des conditions pourtant révisées afin de réduire le déficit commercial US

Les nouvelles tensions économiques entre les deux alliés militaires intervient quatre mois et demi après que les deux parties ont déclaré avoir accepté le principe d’une révision de leur accord de libre-échange datant de six ans.

Les conditions révisées étaient axées sur la réduction du déficit commercial américain – selon les termes mêmes du WSJ …. ! – permettant aux États-Unis de maintenir leurs droits de douane de 25% – uniquement pourrait-on dire – sur les pickups sud-coréens  jusqu’en 2041 et de simplifier les règles de sécurité mise en place par Séoul en vue de faciliter l’accès au marché sud-coréen pour les véhicules américains. Et ce alors même que le sud-coréen Hyundai souhaite se lancer sur ce marché porteur (le pick-up comptant pour plus d’un tiers du Véhicule Utilitaire à l’échelon mondial).

La Corée du Sud avait également accepté un quota sur ses exportations d’acier vers les États-Unis, les plafonnant à 70% de leur moyenne annuelle des trois dernières années.

Vers un blocage du parlement sud- coréen

Le mois dernier, le dirigeant du Parti démocrate sud-coréen, Hong Young-pyo, avait d’ores et déjà affirmé que le parlement coréen ne pouvait pas ratifier l’accord révisé si les Etats-Unis invoquaient l’article 232 pour imposer des tarifs supplémentaires sur les voitures sud-coréennes. Ajoutant que les cinq principaux partis étaient unis sur la question. Une délégation de législateurs s’est rendue à Washington le mois dernier en vue de traiter du sujet.

Précisons qu’en Corée du Sud, l’accord commercial révisé équivaudrait à un nouveau traité, nécessitant de ce fait la ratification du parlement pour prendre effet.

Les exportations sud-coréennes ne menacent pas l’allié américain

Le ministère du Commerce sud-coréen a déclaré pour sa part que les exportations automobiles de la Corée du Sud, un allié militaire américain, ne menaçaient pas la sécurité nationale US. Argument avancé : les entreprises automobiles coréennes ont investi plus de 10 milliards de dollars dans la production américaine, en tenant compte des investissements de Hyundai et de sa filiale Kia Motors en Alabama et en Géorgie.

En dépit de ces implantations aux Etats-Unis, les exportations des usines coréennes vers les USA demeurent importantes. L’Association des constructeurs automobiles coréens a ainsi déclaré que la Corée du Sud avait exporté 845 000 véhicules aux États-Unis en 2017, soit un tiers des exportations totales de véhicules.

Sources : Wall Street Journal

Elisabeth Studer, le 14 août 2018 – www.leblogfinance.com


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