Accord stratégique Israël / Grèce pour la vente de champs gaziers en Méditerranée orientale

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Nouvelle étape dans le dossier des importantes ressources gazières de Méditerranée orientale. Israël a donné mardi son autorisation pour la vente à la Grèce de deux champs gaziers situés dans la zone, brisant le monopole d’un consortium formé par la compagnie américaine Noble Energy et le groupe israélien Delek. Un accord d’autant plus importante qu’ils renforcent les relations entre les gouvernements grecs et israéliens alors qu’Israël mène un projet de construction de gazoducs en Méditerranée.

L’exploitation de ces deux champs, dénommés Karish et Tanin, avait initialement été attribuée au consortium israélo-américain, qui contrôle déjà deux autres champs beaucoup plus vastes de la zone. Situation qui avait été vivement pointé du doigt par l’autorité israélienne de la concurrence. Mais désormais, selon les termes mêmes du ministre de l’Energie Youval Steinitz, décision a été prisé de « mettre fin à cette situation de monopole ».

Selon le ministre, la production totale de gaz des quatre champs découverts en Méditerranée devrait rapporter 350 milliards de shekels (92 mds de dollars, 87,5 mds d’euros).

La compagnie grecque Energean a accepté en août dernier de payer 150 millions de dollars (environ 140 M d’euros) à Noble Energy et Delek pour obtenir la suprématie sur les deux champs gaziers dont les réserves sont estimées à 60 milliards de m3.

Youval Steinitz a également indiqué que des projets de construction de gazoducs en Méditerranée vers l’Egypte, la Turquie et l’Italie avançaient sans donner toutefois d’autres précisions. En octobre dernier, Israël et la Turquie avaient annoncé avoir décidé d’examiner un projet de gazoduc pour acheminer du gaz israélien vers l’Europe. Le ministre israélien de l’Energie avait alors expliqué que sa stratégie était de multiplier les options.
« Je veux plus qu’une seule option d’exportation. Je veux que nous ayons au moins deux ou peut-être trois gazoducs qui nous permettront d’exporter pas seulement vers cette région mais aussi vers l’Europe », avait-t-il déclaré.

« Nous sommes prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce  et Chypre » , avait précisé dès 2010 le ministre israélien des Infrastructures nationales Uzi Landau.

Début janvier 2016, Israël, la Grèce et Chypre ont annoncé qu’ils allaient travailler sur un projet de gazoduc reliant les trois pays afin d’exporter à terme le gaz naturel de Méditerranée orientale vers l’Europe, fortement dépendante de la Russie  pour ses approvisionnements.

« Nous réitérons à l’occasion de cette rencontre notre soutien à l’idée d’exporter le gaz de la Méditerranée orientale vers l’Europe », avaient alors précisé les Premiers ministres israélien Benjamin Netanyahu, grec Alexis Tsipras et le président de Chypre Nicos Anastasiades dans une déclaration commune. « Dans ce contexte, nous sommes prêts à explorer plus en avant des projets comme le gazoduc EastMed », avaient-ils ajouté.

Selon IGI-Poseidon, la compagnie énergétique grecque qui soutient le projet, le gazoduc EastMed aurait une longueur d’environ 1.700 kilomètres, et permettrait de transporter 15 millions de m3 de gaz vers l’Europe par an.

Lors d’une conférence de presse commune, M. Netanyahu a précisé que les trois pays allaient former un comité conjoint pour faire avancer le dossier et qu’ils allaient étudier la possibilité de relier leurs réseaux électriques par un câble sous-marin.

Depuis plusieurs années, la Méditerranée orientale est devenue une zone d’exploration gazière très active, notamment après la découverte d’importants gisements gaziers au large d’Israël et de Chypre, l’Egypte  la Turquie, le Liban, la Syrie, comptant bien ne pas être lésés dans la bataille.

Sources : AFP, L’Orient le Jour

Elisabeth Studer – 6 décembre 2016 – www.leblogfinance.com

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