AMAZON.COM : Casino s'estime armé pour une solide croissance en France

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par Pascale Denis

PARIS, 14 mars (Reuters) – Casino, qui a publié jeudi des résultats opérationnels en hausse, s’estime armé pour une solide performance en France à moyen terme grâce à ses formats, à une accélération dans le e-commerce et à sa diversification dans ses nouveaux métiers.

Le distributeur, plombé par sa dette et qui a engagé un vaste plan de cessions d’actifs pour regagner la confiance des marchés, a également annoncé avoir relevé son programme de cessions à plus de 2,5 milliards d’euros.

Le groupe vise sur la période 2019-2021 une hausse de 10% par an du résultat opérationnel courant (ROC) de ses activités de distribution en France, une hausse de sa marge de 0,2 point, et une génération de trésorerie de 500 millions d’euros par an.

Pour y parvenir, il mise sur l’ouverture de 300 magasins de proximité d’ici à 2021, la réduction de son exposition aux hypermarchés (à 15% des ventes contre 21% aujourd’hui), un chiffre d’affaires de 1,5 milliard dans le bio (contre 1,0 milliard en 2018) et sur une accélération dans le e-commerce grâce à CDiscount et ses partenariats avec Ocado et Amazon.

Il table aussi sur le déploiement de ses nouveaux métiers à plus forte marge, GreenYellow (fournisseur de systèmes d’économies d’énergie), Relevanc (monétisation de données) ou ScaleMax, toute nouvelle coentreprise de « datas centers » installés dans les entrepôts et réserves de ses magasins.

Grâce à ces filiales, Casino espère réduire son exposition à un marché français de la distribution alimentaire dont les marges restent rongées par une concurrence féroce.

« MODELE ADAPTE »

Casino, qui estime aujourd’hui disposer « d’un modèle adapté au marché français », va aussi engager un plan d’économies de coûts de 200 millions d’euros, dont la moitié sera réalisée en 2019, et le reste en 2020.

Depuis la cession de ses très rentables actifs asiatiques, intervenue dans le cadre d’un premier plan de désendettement, la France pèse pour environ 45% des résultats opérationnels du groupe.

Le groupe a vu son résultat opérationnel courant (ROC) progresser de 9,8% à taux de changes constants et de 18% hors crédits fiscaux à 1,21 milliard d’euros, un chiffre proche de sa prévision faite en janvier lors de la publication de son chiffre d’affaires annuel.

En France, dans un marché toujours plombé par une féroce guerre des prix et où les ventes ont limité leur hausse à 1,3% en comparable, le ROC a augmenté de 8,4% à 579 millions d’euros, pour une marge de 3,0%, en hausse de 0,2 point.

Pour 2019, Casino dit viser une forte amélioration de l’Ebitda de CDiscount, une hausse de la marge d’Ebitda de plus de 30 point de base au Brésil et une amélioration en Colombie.

A la fin 2018, grâce aux cessions, la dette financière nette de Casino France a été ramenée à 2,7 milliards d’euros, contre 3,7 milliards un an plus tôt.

Après un plongeon de 28% en 2018, le titre Casino s’est vivement redressé en Bourse depuis janvier, avec la publication d’un chiffre d’affaires jugé rassurant et la confirmation des objectifs financiers du groupe.

La valeur, qui a fini à 45,21 euros mercredi, retrouve son niveau de mars 2018 et affiche une hausse de 44,4% depuis le début de l’année.

Le titre, qui comptait parmi les valeurs les plus vendues à découvert du marché parisien en 2018, a aussi vu les positions à découvert des hedge funds fortement baisser depuis six mois.

Casino reste la valeur la plus « shortée » du marché français, selon les données de IHS Markit. Les ventes à découvert comptaient, le 12 mars, pour 35,4% de son capital flottant, contre 40% en septembre 2018. Au niveau européen, elle arrive en deuxième position derrière l’italien Mediaset.

(Service Entreprises, Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)


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