Analyse et Stratégie : Cholet Dupont reste surpondéré sur les actions à moyen terme

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Vincent Guenzi, stratégiste de Cholet Dupont, se demande si la baisse des places financières a été suffisante pour intégrer le ralentissement économique inévitable. « Le pic de personnes infectées dans le monde ne sera pas atteint avant 4 à 6 semaines. Mais les investisseurs regarderont l’évolution du rythme de progression. Les marchés chinois ont entamé leur rebond une semaine avant que celui-ci débute son reflux. Un déroulement similaire dans le reste du monde parait envisageable. Un scénario plus défavorable serait une recrudescence de la contagion par retour de boomerang d’un pays voisin d’un pays qui a déjà été touché. »

Sur le plan économique, l’activité en Chine devrait se normaliser au deuxième trimestre après la forte contraction du début d’année. Avec un rattrapage au second semestre, le PIB annuel pourrait croître d’environ 4% au lieu des 6% escomptés. En Europe et aux Etats-Unis, le deuxième trimestre devrait marquer un point bas, mais le ralentissement sera moins marqué. « Au total, une croissance mondiale comprise entre 2% et 2,5% semble plausible si la propagation du virus reste normale et si des plans de soutien budgétaires et monétaires se mettent en place. Le scénario de ré-accélération modérée de l’activité mondiale cède donc la place à celui d’une croissance moins forte, mais pas d’une récession mondiale ou d’une fin du cycle américain. La victoire du candidat démocrate Joe Biden lors du Super Tuesday le met en première position et réduit le risque de nomination du candidat plus radical Bernie Sanders. Ce facteur potentiellement négatif que nous avions identifié pour 2020 s’attenue quelque peu. A l’inverse, les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni pour définir un partenariat s’annoncent compliquées. »

Le maximum de baisse atteint ?

Au total, Vincent Guenzi estime que les indices européens ou américains ont connu leur maximum de baisse si ce scénario se réalise. Mais, en cas de récession mondiale ou américaine, le recul global devrait être compris entre 25% et 30%. « Dans ces conditions, les marchés devraient avoir du mal à remonter aussi rapidement que les indices chinois. Il est plus raisonnable d’anticiper quelques semaines d’incertitude où les fluctuations des marchés seraient encore importantes tout en restant dans les limites déjà atteintes. La constatation du ralentissement de la diffusion du virus au niveau mondial serait un élément positif permettant une reprise durable des Bourses. D’ici là, compte tenu du caractère anxiogène de la situation, il ne faut pas exclure totalement une étape de baisse supplémentaire si les marchés voulaient davantage intégrer un scénario de récession américaine par exemple. »

C’est pourquoi cet expert reste neutre à court terme sur les actions, avec toutefois une légère augmentation de 47,4% à 49,5% du taux d’investissement. Il les surpondère pour le moyen terme, avec un accent mis sur les titres américains, européens et asiatiques hors Japon. Dans le domaine obligataire, la neutralité est de mise à court terme sur toutes les classes d’actifs, exception faite des emprunts d’Etat européens bien notés, sous-pondérés, et des obligations à haut rendement  ainsi que des convertibles du Vieux Continent, surpondérées. La sous-pondération s’impose à moyen terme, à l’exception de la dette émergente, surpondérée, ainsi que des obligations privées américaines, du haut rendement et des convertibles européens, sur lesquels la neutralité s’impose.

L’avis d’Investir

Pour notre part, avec un Cac 40 aux alentours de 4.780 points, nous passons à une surpondération sur les actions. La baisse nous semble trop violente pour un problème qui restera forcément temporaire. En outre, les actions bénéficieront des mesures que vont prendre les banques centrales et les gouvernements pour empêcher une récession. N’oublions pas non plus que l’effondrement des cours du pétrole redonne du pouvoir d’achat aux consommateurs américains et européens tout en réduisant les coûts des industries consommatrices.


Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

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