Analyse et Stratégie : Enquête : La part des actions US au plus haut depuis 3 ans et demi

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par Claire Milhench

LONDRES, 28 septembre (Reuters) – Les investisseurs ont porté en septembre leurs avoirs en actions américaines à leur niveau le plus élevé depuis mai 2015, tout en réduisant leur exposition aux marchés émergents qui ont encore eu un mois difficile.

L’enquête Reuters mensuelle sur les compositions des portefeuilles de 54 gérants de fortune et directeurs d’investissement en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Grande-Bretagne a été réalisée du 17 au 28 septembre, période pendant laquelle les indices S&P-500 et Dow Jones ont inscrit des records.

Les gérants ont augmenté de deux points à 42,7% leurs exposition aux actions américaines, tandis que la part globale des actions dans leurs portefeuilles a elle été ramenée à 48%.

Cédric Baron (Generali Investments) reste surpondéré sur les actions américaines en raison d’une solide croissance économique – le PIB a augmenté de 4% au deuxième trimestre -, de la croissance des bénéfices des entreprises, d’indicateurs du sentiment à des niveaux élevés et de financements accommodants.

Les investisseurs n’ont pas été perturbés outre mesure par l’enquête du procureur Robert Mueller sur les ingérences russes dans l’élection présidentielle de 2016, une pierre dans le jardin du Donald Trump.

Le président américain a dit fin août qu’il y aurait un krach boursier s’il faisait l’objet d’une procédure de destitution mais plusieurs investisseurs jugent la probabilité d’une telle procédure très faible et même dans ce cas, 88% d’entre eux, qui ont répondu à une question à ce sujet, ne croient pas que la Bourse chuterait.

« Evidemment, ouvrir une procédure de destitution pourrait générer plus de volatilité et une correction boursière au départ », dit Frank Haertel (Bank J Safra Sarasin). « Toutefois, un nouveau président pourrait également créer un potentiel haussier substantiel ».

Les investisseurs ont augmenté de 1,5 point à 19,5% leur exposition aux actions européennes, un plus haut de quatre mois.

Pascal Blanque (Amundi) dit que le segment n’est pas autant en faveur que son équivalent américain mais qu’il est devenu plus attrayant en raison de valorisations devenues moins chères.

L’indice boursier européen Stoxx 600 est bien parti pour terminer le trimestre en hausse de 1,4% environ, à comparer à des gains de plus de 7% pour le S&P-500 et de près de 9% pour le Dow Jones.

TURBULENCES POUR LES ÉMERGENTS

A l’inverse, la prudence prévaut pour les marchés émergents, leur pondération a été réduite d’un demi-point à 10,5% en septembre, et celle de leur dette a été ramenée de 10,2% en août à 9,4%.

Le segment a connu encore un mois agité et leur indice boursier a touché un plus bas de 15 mois, tandis que des monnaies telles que les roupies indienne et indonésienne ont touché des planchers inédits depuis des années.

Si on calcule depuis le début de l’année, la pondération des actions émergentes a fléchi à 9,4%, tandis que la livre turque a chuté de 37% face au dollar et le peso argentin de plus de 50%.

Cinquante-neuf pour cent des participants qui ont répondu à une question à ce sujet estiment que les marchés émergents n’en sont qu’à mi-chemin de leur mauvaise passe, 32% pensant à l’inverse qu’elle est près de finir.

Christopher Peel (Tavistock Wealth) pense que ce coup de bambou est excessif et que la propagation observée à partir des problèmes spécifiques du Brésil, de la Russie, de l’Argentine, de la Turquie et de l’Afrique du Sud est injustifiée.

« Si l’on examine pays par pays, les PER sont attrayants si l’on compare aux valorisations des marchés développés », argue-t-il.

Salman Baig (Unigestion) est plus circonspect: même si le pricing reflète pour l’essentiel les risques propres à chaque pays, aucun de ces risques, sans compter d’autres que sont le ralentissement de la Chine et des taux américains qui montent, n’est pleinement absorbé.

Les investisseurs ont enfin réduit leur exposition aux actions britanniques à 8,4%, la plus faible depuis décembre 2017, avec un indice FTSE-100 en baisse de 1,3% sur le troisième trimestre.

La livre a chuté le 21 septembre lorsque la Première ministre britannique Theresa May a dit que les négociations du Brexit avec Bruxelles étaient dans l’impasse.

Soixante pour cent des participants qui ont répondu à une question sur le Brexit, ont dit ne pas croire que Londres et Bruxelles puissent conclure un accord commercial post-Brexit d’ici novembre.

« Theresa May fait face à une forte opposition interne de la part de bon nombre de parlementaires conservateurs; cela réduit sa marge de manoeuvre et nous percevons un risque sérieux d’élections anticipées au Royaume-Uni », observe Nuno Teixeira (Natixis Investment Managers International). (Avec Massimo Gaia et Hari Kishan, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)


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