Analyse et Stratégie : « Un ralentissement prononcé de la croissance mais pas de récession aux Etats-Unis » à prévoir d’ici deux ans, selon Pictet AM

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Frédéric Rollin, stratégiste chez Pictet Asset Management, s’attend à un ralentissement prononcé de la croissance mondiale dans les 18 à 24 prochains mois. Il éloigne néanmoins le scénario d’une récession à court terme aux Etats-Unis. Il faut dire que les signes ne trompent pas : progression ralentie des investissements et des ventes au détail, détérioration de la croissance des profits témoignent de la faiblesse actuelle de l’économie américaine. La hausse des salaires, déjà au plus haut depuis 10 ans, devrait s’accélérer aux Etats-Unis. Mais l’effet sur le pouvoir d’achat des consommateurs ne serait pas suffisant pour compenser les pressions exercées sur les marges des entreprises et l’inflation.

Cependant, les ménages américains, moins endettés qu’en 2007 – le poste de dette dans les revenus disponibles est inférieur à 11% contre plus de 13% en 2008-, devraient mieux résister au ralentissement de la croissance que lors de la dernière crise économique mondiale, car beaucoup plus solvables. De quoi empêcher l’économie américaine de tomber en récession.

Pour autant, si la croissance du PIB américain, supérieure aux attentes au premier trimestre, ne semble pas aller dans le sens d’un ralentissement, il faut noter qu’elle n’a pas été portée, comme traditionnellement, par la consommation des ménages mais par l’amélioration de la balance commerciale.

Dans ce contexte, pour Frédéric Rollin, la Fed se trouve confortée dans sa politique de maintien des taux directeurs en 2019. « Nous ne voyons pas de baisse des taux de la Fed en 2019 compte tenu de la hausse des salaires » a-t-il ajouté.

Une guerre commerciale à l’impact limité sur l’économie

Autre dossier brûlant de l’actualité, le conflit commercial sino-américain, pour lequel Frédéric Rollin considère que l’impact économique est limité. Il l’estime à 0,3 point de PIB aux Etats-Unis et à 1 point en Chine. Outre-Atlantique, la hausse des taxes douanières ne toucherait que très peu les consommateurs et les entreprises.

En Chine, une relance budgétaire de l’ordre de 2% du PIB et d’ores et déjà prévue. Les ajustements à la baisse du yuan pourront aussi contribuer à endiguer les effets négatifs de la hausse des taxes douanières. Enfin, le régime politique chinois a déjà démontré sa grande capacité à orienter les consommateurs et pourra l’utiliser pour détourner les ménages des biens importés américains.

Ainsi, selon le conseiller en stratégie d’investissement de Pictet AM, les marchés surestimeraient les impacts économiques du conflit qui oppose les deux premières puissances mondiales, leur réaction étant surtout fondée sur l’incertitude qu’il provoque. L’économie mondiale montre néanmoins des signes d’essoufflement, ce qui laisse entrevoir la fin d’un cycle d’expansion qui dure maintenant depuis près de dix ans.


Investir – Analyses et opinions – Les Echos Bourse

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