Bic, fragilisé aux USA et au Brésil, réduit de nouveau son objectif annuel de ventes

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Le groupe Bic s'est montré légèrement plus optimiste sur sa rentabilité en 2017-AFP/Archives/ERIC PIERMONT Le groupe Bic s’est montré légèrement plus optimiste sur sa rentabilité en 2017-AFP/Archives/ERIC PIERMONT

Pour la deuxième fois en à peine trois mois, Bic a abaissé vendredi son objectif annuel de croissance organique, en raison d’un contexte de marché toujours très difficile dans les rasoirs aux Etats-Unis, ainsi qu’au Brésil dans tous ses segments.

Le fabricant de stylos, briquets et rasoirs jetables s’attend désormais à une croissance organique de ses ventes « légèrement » inférieure à 2%, contre une hausse comprise entre 3% et 4% auparavant, selon un communiqué.

Il avait déjà abaissé cet objectif une première fois cette année, pas plus tard que lors de ses résultats semestriels début août. Il visait en début d’année une croissance organique d’environ 5%.

En cause, « une performance plus faible que prévu aux Etats-Unis » dans les rasoirs et les briquets pour le reste de l’année, et « un ralentissement plus fort que prévu » de l’ensemble de ses activités au Brésil.

Aux Etats-Unis, les grands acteurs établis sur le marché du rasoir comme Gillette, Schick (groupe Edgewell) et Bic sont bousculés depuis quelque temps par l’émergence de nouveaux acteurs vendant directement en ligne aux consommateurs, via un système par abonnement, à l’instar du site Dollar Shave Club.

Hors ventes directes, le marché global du rasoir aux Etats-Unis « est en baisse de 9,1% » sur les 8 premiers mois de l’année, tandis que le segment spécifique du rechargeable, celui de Bic, était en repli de 4% sur la même période, a détaillé le directeur général délégué du groupe, Gonzalve Bich, lors d’une audioconférence vendredi soir.

Par conséquent, « il y a aux Etats-Unis une intense pression concurrentielle dans les rasoirs », qui tire les prix à la baisse, a ajouté Gonzalve Bich, soulignant que le groupe avait néanmoins stabilisé sa part de marché ces dernières semaines.

– Rattrapé par la crise au Brésil –

Une autre mauvaise surprise aux Etats-Unis est venue du segment des briquets, où plusieurs clients importants de Bic ont réduit leurs niveaux de stocks, affectant les ventes aux distributeurs.

S’agissant du Brésil, Bic s’était déjà montré prudent au moment de ses résultats semestriels. Ses craintes se sont vérifiées, les détaillants brésiliens réduisant leurs stocks dans tous ses segments d’activité, pour s’adapter au déclin de la consommation dans le pays, en plein marasme économique.

Le groupe a néanmoins maintenu son objectif de recul de marge d’exploitation normalisée (hors éléments exceptionnels) inférieur à 100 points de base (1 point de pourcentage), grâce à l’ajustement de ses investissements promotionnels et de ses dépenses opérationnelles.

Cet indicateur de rentabilité était fixé à 20,6% du chiffre d’affaires l’an dernier.

Au premier semestre, les ventes de rasoirs de Bic avaient chuté de 4,3% à base comparable (à taux de change et périmètre constants), à 236 millions d’euros, mais la baisse avait été limitée au deuxième trimestre (-0,9%).

Son activité dans les briquets avait modérément progressé au premier semestre à base comparable (+0,8% à 356,9 millions d’euros), avec une accélération au deuxième trimestre (+2%).

Le chiffre d’affaires du groupe est actuellement tiré par sa principale division, les instruments d’écriture. Celle-ci avait progressé de 3,3% à base comparable sur le semestre écoulé, à 428,1 millions d’euros, dont +9,1% au deuxième trimestre grâce à de bonnes premières ventes de rentrée scolaire aux distributeurs.

Le chiffre d’affaires global du groupe au premier semestre avait atteint 1 milliard d’euros, en hausse de 0,3% à base comparable, ce qui impliquait un second semestre très robuste pour respecter l’objectif de croissance organique fixé pour l’année.

Bic doit publier ses résultats du troisième trimestre le 25 octobre.

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