Bruxelles sort l’artillerie lourde contre la France

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Cela ne s’arrange pas. La France ne tiendra pas ses objectifs budgétaires l’an prochain, selon la Commission européenne qui table sur un déficit public à 4,5% du PIB en 2015, chiffre qui va encore s’aggraver en 2016 à 4,7%, éloignant le scénario d’un retour sous 3% l’année suivante.

A politique inchangée, la France aura donc en 2016 le déficit le plus élevé de toute la zone euro, selon les prévisions de la Commission publiées mardi 4 novembre.

Dans le détail, la Commission prévoit un déficit à 4,3% en 2014, 4,5% en 2015 et 4,7% en 2016 à politique inchangée, alors que le gouvernement français prévoit un déficit public à 4,3% du PIB l’an prochain et un retour à l’objectif de 3% en 2017, année électorale.

« Une croissance toujours modeste »

Ces mauvais chiffres « sont largement dus à une croissance toujours modeste et certaines mesures comme une nouvelle hausse du coût du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et des réductions d’impôt pour les ménages à faible revenu », indique la Commission dans son rapport.

L’exécutif européen a fondé son analyse sur le plan d’économies de 21 milliards d’euros annoncées par la France pour 2015, mais « certaines de ces mesures, autour de 2 milliards d’euros, n’ont pas été suffisamment détaillées pour être prises en compte ».

Les mesures nouvelles présentées par la France dans son projet de budget 2015, en cours d’examen par la Commission européenne, n’ont pas non plus été intégrées.

Paris a annoncé la semaine dernière des « mesures nouvelles » qui permettront de réduire son déficit public de 3,6 à 3,7 milliards d’euros de plus que prévu.

Une croissance en panne dans la zone euro

Par ailleurs, la croissance devrait s’avérer nettement moins bonne que prévu cette année et l’an prochain dans la zone euro, et s’accompagner d’une inflation désespérément basse et d’un chômage élevé, selon les prévisions de la Commission européenne.

La croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,8% cette année et 1,1% en 2015, selon les prévisions économiques d’automne rendues publiques mardi par la Commission européenne, qui se montre nettement plus pessimiste pour la reprise qu’au printemps dernier.

Cette révision à la baisse s’explique notamment par une confiance moindre, en raison des risques géopolitiques accrus et de perspectives économiques globales moins bonnes, explique la Commission.

En mai, la Commission anticipait encore une croissance de 1,2% cette année et de 1,7% l’an prochain pour les 18 pays de l’union monétaire. La zone euro ne devrait atteindre finalement 1,7% de croissance du PIB qu’en 2016, soit un an plus tard que prévu.

(Avec AFP)


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