Comment l'armée va sauver le sous-marin Perle

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La Perle échappe à la casse. Quatre mois après l’énorme incendie du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA), lors d’une opération de maintenance sur la base navale de Toulon, la ministre des armées Florence Parly a annoncé jeudi 22 octobre que l’engin, sixième et dernier sous-marin de la classe Rubis, va être réparé. “Nous pouvons réparer la Perle, et nous allons la réparer, a indiqué Florence Parly, lors d’une allocution tenue à l’hôtel de Brienne, en marge du salon Euronaval (19-25 octobre). C’est une opération complexe, que peu de pays peuvent envisager, mais que nous engageons avec confiance. Cette décision permet à la Marine nationale de conserver sa pleine capacité de sous-marins nucléaires d’attaque pour les dix ans à venir.”

Trois scénarios étaient envisagés par les experts du ministère : un retrait de service anticipé de la Perle, qui aurait réduit les capacités de la marine nationale pendant plusieurs années ; une réparation de la coque, probablement difficile et coûteuse; et une réparation plus originale, avec réutilisation de certaines parties d’autres sous-marins en cours de démantèlement. C’est cette dernière solution qui a été retenue. Première étape : la partie avant de la coque de la Perle sera découpée et démantelée. Elle sera ensuite remplacée par la coque avant d’un autre SNA de la classe Rubis, le Saphir, désarmé en juin 2019. “C’est une opération technique complexe, mais que nous avons les capacités industrielles de réaliser”, assure-t-on au cabinet de la ministre.

Le Rubis prolongé

La Perle sera transférée ces prochaines semaines à Cherbourg, dans un navire néerlandais affrété pour l’occasion. La jonction des deux tronçons est prévue en

La Perle échappe à la casse. Quatre mois après l’énorme incendie du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA), lors d’une opération de maintenance sur la base navale de Toulon, la ministre des armées Florence Parly a annoncé jeudi 22 octobre que l’engin, sixième et dernier sous-marin de la classe Rubis, va être réparé. “Nous pouvons réparer la Perle, et nous allons la réparer, a indiqué Florence Parly, lors d’une allocution tenue à l’hôtel de Brienne, en marge du salon Euronaval (19-25 octobre). C’est une opération complexe, que peu de pays peuvent envisager, mais que nous engageons avec confiance. Cette décision permet à la Marine nationale de conserver sa pleine capacité de sous-marins nucléaires d’attaque pour les dix ans à venir.”

Trois scénarios étaient envisagés par les experts du ministère : un retrait de service anticipé de la Perle, qui aurait réduit les capacités de la marine nationale pendant plusieurs années ; une réparation de la coque, probablement difficile et coûteuse; et une réparation plus originale, avec réutilisation de certaines parties d’autres sous-marins en cours de démantèlement. C’est cette dernière solution qui a été retenue. Première étape : la partie avant de la coque de la Perle sera découpée et démantelée. Elle sera ensuite remplacée par la coque avant d’un autre SNA de la classe Rubis, le Saphir, désarmé en juin 2019. “C’est une opération technique complexe, mais que nous avons les capacités industrielles de réaliser”, assure-t-on au cabinet de la ministre.

Le Rubis prolongé

La Perle sera transférée ces prochaines semaines à Cherbourg, dans un navire néerlandais affrété pour l’occasion. La jonction des deux tronçons est prévue en juin 2021. Elle sera effectuée par une vingtaine de soudeurs toulonnais de Naval Group, dépêchés en Normandie pour l’occasion. Il faudra suite “rabouter ” (assembler, en jargon naval) de l’ordre de 130 câbles électriques et 70 tuyaux entre les deux tronçons. Le chantier mobilisera 300 personnes pendant six mois, a indiqué Florence Parly. Le sous-marin retournera enfin à Toulon, pour achever les travaux de son arrêt technique majeur (ATM), interrompu par l’incendie. Le ministère espère un retour en service de la Perle au printemps 2023, probablement en mai ou en juin.

Pour maintenir les capacités de la marine durant la réparation, le ministère va également prolonger le sous-marin Rubis, le plus ancien des six engins de la classe Rubis, livré en 1983. Déjà prolongé de trois ans, il devait être retiré du service actif en fin d’année. Un arrêt technique de courte durée lui permettra de rester en service une année de plus. Ce ne sera pas du luxe, tant les SNA sont indispensables aux opérations de la marine. Ils permettent à le fois de protéger les allées et venues depuis Brest des sous-marins lanceurs d’engins (SNLE), porteurs de l’arme nucléaire, d’escorter le porte-avions Charles de Gaulle, de récolter du renseignement (notamment en Méditerranée orientale), et de traquer les sous-marins russes qui approchent régulièrement de la côte Atlantique française.

Le sous-marin nucléaire d’attaque Saphir dans la rade de Cherbourg, en juillet 2019 (photo Nicolas Fernandez/Marine Nationale/Défense)

A combien s’élèvera la facture ? Le coût des deux opérations (réparation de la Perle et prolongation du Rubis) devrait être de l’ordre de 70 millions d’euros, indique-t-on au cabinet, qui évoque une “bonne surprise”. Ce montant relativement modeste s’explique par trois raisons. Un, une partie de la facture (de l’ordre de 50 millions d’euros) sera réglée par l’assurance de Naval Group, maître d’oeuvre du chantier de maintenance lors de l’incendie. Deux, toute la partie arrière de la Perle, qui intègre notamment le cœur nucléaire, était sortie intacte de l’incendie. La chaufferie nucléaire, les armements, le carburant, les baies électroniques, les pompes, les ventilateurs et de nombreuses installations techniques avaient été retirés de l’engin, et sont donc intacts. Trois, Naval Group est habitué à découper et ré-assembler des tronçons de coque. “Naval Group a déjà par le passé réalisé ce type d’opérations complexes, indique le groupe. Il s’agit d’une succession de tâches de découpe, de soudures et de raccordement déjà réalisées par les équipes de Naval Group et de ses partenaires”.

Le Suffren en vue

L’autre bonne nouvelle pour la marine nationale, c’est que la nouvelle génération de SNA arrive. Le Suffren, premier sous-marin de la famille Barracuda, poursuit actuellement ses tests en mer. Il a réussi son premier tir du missile de croisière naval (MdCN) au large de Biscarosse (Landes) le 20 octobre, faisant entrer la France dans le cercle très fermé des marines capables de frappes en profondeur depuis un sous-marin (Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni…). Le Suffren devrait être livré à la marine en fin d’année, et admis au service actif mi-2021. Les cinq autres navires (Duguay-TrouinTourville, De GrasseRubis et Casabianca) seront livrés d’ici à 2029, au rythme d’un tous les 18 mois. 

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