Crash d’un Eurofighter en Espagne, en plein débat sur son avenir industriel

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Mauvais temps pour Airbus et ses partenaires BAE Systems (britannique) et Finmeccanica (italien).

Un avion de combat Eurofighter, produit par ses trois groupes européens, s’est écrasé lundi à l’atterrissage sur la base de Moron, près de Séville, dans le sud de l’Espagne. Cette annonce du ministère de la Défense voit le jour en pleine remise en cause du projet industriel de l’appareil.

Le pilote, âgé de 30 ans a été tué, son expérience de l’Eurofighter – il totalisait 600 heures de vol sur cet avion de combat – n’ayant malheureusement pas permis de le sauver.

A noter qu’il s’agit du troisième accident grave impliquant un Eurofighter de l’armée espagnole depuis 2002. Deux autres accidents sérieux ont touché des appareils britanniques. La base aérienne de Moron est quant à elle également utilisée depuis 1953 par l’armée de l’air américaine. Il s’agit de la seule base de l’US Air Force en Espagne.

Le ministère espagnol de la Défense a par ailleurs tenu à rappeler que Madrid avait décidé il y a dix ans d’acquérir 87 Eurofighters prenant également une option en vue d’acquérir seize autres appareils de ce type d’ici 2018.

Reste que cet accident survient au pire moment pour l’avenir de l’appareil. En effet, le 19 mai dernier, le patron de la division défense d’Airbus, Bernhard Gerwert, a affirmé qu’Airbus Group et ses partenaires arrêteraient de construire l’Eurofighter en 2018 s’ils n’engrangeaient pas de nouvelles commandes à l’export pour l’avion de combat.

Si l’Allemagne a récemment annulé une commande de 37 unités, des négociations sont en cours pour vendre l’Eurofighter hors d’Europe, au Qatar, ou au Koweït et en Malaisie. Mais sur tous ces marchés, « nous faisons face à une concurrence ardue », a estimé Bernhard Gerwert.

« Certaines décisions finales doivent encore être prises mais notre hypothèse est qu’il n’y aura pas de phase 3B », soit la dernière tranche de commandes, a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Berlin. »Sans 3B et sans autres perspectives d’export, le programme Eurofighter s’arrêtera en 2018″, avait-il ajouté.

Rappelons que l’appareil a été financé par un consortium réunissant l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Il concurrence notamment le Rafale de Dassault Aviation. Il a été engagé en mission de combat réel pour la première fois durant le conflit libyen, en 2011, par la Royal Air Force.

Autre élément non négligeable : cet accident intervient alors que le 29 mai dernier, la ministre canadienne des Travaux publics, Diane Finley, a déclaré qu’une décision concernant les futurs chasseurs de l’armée de l’air canadienne serait prise dans les prochaines semaines. Indiquant lors d’une allocution durant le salon de Défense et de sécurité CANSEC 2014 : « Au cours des semaines qui viennent, les ministres termineront l’examen d’un certain nombre de rapports portant sur l’évaluation des options, les retombées industrielles, les coûts et divers facteurs liés à la décision de remplacer notre flotte de CF-18 ».

Il s’agira ensuite de déterminer si les CF-18 de l’Aviation Royale Canadienne seront remplacés par des F-35, ou si un nouvel appel d’offres serait lancé, mettant alors en compétition le chasseur de Lockheed Martin avec le Rafale de Dassault Aviation, le F/A-18 Super Hornet de Boeing et l’Eurofighter.

Le plan initial était d’acquérir jusqu’à 65 avions, pour une somme estimée à 6,1 milliards d’euros. Partenaire du programme F-35, le Canada a toutefois envoyé en décembre 2012 des demandes d’informations sur les capacités des chasseurs des différents avionneurs.

Sources : ats, Ministère de la Défense espagnol, Journal-aviation

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 10 juin 2014


Le Blog Finance

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