Déficit : quand la décision d’accorder un délai à la France divise l’Allemagne …

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Quand la France divise l’Allemagne …
Alors que des membres des différents partis de la coalition de la chancelière allemande Angela Merkel ont critiqué la décision de Bruxelles d’accorder un délai de deux ans à la France pour atteindre ses objectifs budgétaires, le ministre allemand des Finances Wolgang Schäuble défend quant à lui la position de la Commission européenne.

Répondant à une question d’un journaliste du quotidien allemand Bild, l’interrogeant sur l’équité de la décision de Bruxelles, Wolgang Schäuble a tenu tout d’abord à préciser que le Pacte de stabilité permettait une certaine flexibilité dans l’application des règles.
Pour lui, une telle souplesse a été accordée à la France avant tout pour que « les réformes indispensables soient couronnées de succès ».  Ajoutant que la commission de Bruxelles et le gouvernement allemand étaient totalement en phase sur la nécessité de ne voir aucun « relâchement dans les réformes ».
Rappelons que vendredi, un délai de deux ans a été accordé à la France pour atteindre ses objectifs budgétaires. Une « faveur » qui fait suite aux estimations peu glorieuses de Bruxelles sur l’état de l’économie française. La Commission européenne table en effet sur une récession dans l’Hexagone pour 2013, tout en s’attendant à un dérapage de ses déficits, la situation devant selon toute attente provoquer une nouvelle hausse du chômage.

S’exprimant dans l’hebdomadaire Focus à paraître dimanche, plusieurs conservateurs et libéraux allemands, partis de la coalition gouvernementale désapprouvent quant à eux le « sursis » accordé à la France.
Selon Michael Stübgen, responsable des questions européennes du groupe parlementaire conservateur, il s’agit d’un «mauvais signal ». Il considère en effet que la France n’a pas entrepris de réformes à l’heure actuelle. De ce fait, un allongement du délai accordé équivaut à ses yeux à une certaine acceptation de la situation par Bruxelles.
Le secrétaire général de la CSU, Alexander Dobrindt se veut quant à lui beaucoup plus ferme, estimant qu’il ne faut pas de « bonus spécial pour la politique d’échec » menée selon lui par François Hollande.
L’expert en finances des libéraux Hermann-Otto Solms, a appelé quant à lui à une accélération des réformes. Exhortant les Etats à mettre en œuvre leurs réformes aussi vite que possible, « à assainir leurs finances publiques et améliorer la compétitivité de leurs entreprises« .

« On voit maintenant où mène la mauvaise politique de la France. Un plus grand chômage, des impôts au plus haut, de faibles investissements et pas de croissance« , analyse de son côté le secrétaire général du FDP, Patrick Döring.

Vendredi, le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert avait simplement souligné qu’il s’agissait d’un « processus normal », conforme aux règles européennes.
Rappelant que « le pacte de stabilité et de croissance permet(tait) dans certains cas précis de rallonger le délai pour ramener son déficit public en dessous des 3 % du PIB, à condition que le pays concerné continue ses mesures de consolidation ».

Mais samedi, le ministre allemand de l’Economie, Philipp Rösler, a accusé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso d’avoir remis en cause de manière irresponsable la politique de consolidation budgétaire en Europe.
Le ministre a par ailleurs déclaré qu’il était du devoir des Etats européens de consolider leurs budgets, afin selon lui, “de combattre durablement les causes de la crise de la dette”.
Précisons toutefois qu’il s’exprimait ainsi lors d’un congrès de son parti libéral, lequel doit adopter son programme avant la fin du week-end, alors que les législatives approchent.
Où quand le dossier français devient un enjeu électoral allemand …

Sources : AFP, Presse allemande

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 4 mai 2013


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