Deutsche Bank : problème stressant de capitalisation ?

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Où l’on reparle encore de Deutsche Bank et de ses « ennuis » financiers. Selon l’institut allemand de recherches économiques ZEW, la banque allemande serait en bien mauvaise place parmi 51 banques européennes en cas de soumission à des tests de résistance définis selon la méthode de la Réserve fédérale américaine (FED). En cas d’applications de tels algorithmes, Deutsche Bank afficherait en effet le plus important déficit potentiel de fonds propres, devant Société Générale et BNP Paribas.

« Les banques européennes ne disposent pas des fonds suffisants pour compenser les pertes attendues en cas de nouvelle crise financière », affirme tout net ZEW dans un communiqué.

Un professeur de finances de ZEW et des chercheurs de la Stern School of Business, l’école de commerce de l’Université de New York et de l’Université de Lausanne ont réalisé conjointement des tests de résistance avec les méthodes employées par la Fed en 2016 et par l’Autorité bancaire européenne (ABE) en 2014, dans le but de comparer les besoins en capitaux et les niveaux d’endettement des établissements étudiés.

Avec cette méthode, les 51 banques européennes affichent un déficit cumulé de fonds propres de 123 milliards d’euros, avec en tête de liste Deutsche Bank (19 milliards), Société Générale (13 milliards) et BNP Paribas (10 milliards). O
Reste que les deux banques françaises ont des capitalisations boursières nettement supérieures à ces manques théoriques, respectivement de 26 milliards et 55 milliards d’euros pour Société Générale et BNP Paribas. La capitalisation boursière de Deutsche Bank est quant à elle inférieure à 17 milliards d’euros.

La banque allemande a rejeté les conclusions de l’étude de ZEW, indiquant dans un communiqué que le test de résistance officiel de l’ABE avait « vérifié la situation de fonds propres dans des conditions très difficiles et défavorables » et avait « prouvé qu’il n’y avait pas de besoin aigu de capitaux chez Deutsche Bank« .

Fin juillet, l’ABE a publié les résultats de ses tests de résistance menés sur 51 banques européennes, sans que ceux-ci ne comportent de seuils d’échec ou de réussite. L’Autorité bancaire européenne en toutefois conclu que des efforts restaient à faire au sein du secteur bancaire européen.

Précisons que Deutsche Bank a dû faire face à des charges exceptionnelles de 12 milliards d’euros en 2015, entre autre à cause des provisions passées pour ces litiges (5,2 milliards d’euros). L’établissement financier a en effet fait l’objet de nombreux scandales financiers, dont le plus célèbre reste celui du Libor. Lui sont également reprochées des manipulations de taux et des soupçons de blanchiment d’argent.

Sont également inclus dans ces charges exceptionnelles des dépréciations et des frais de restructurations et indemnités de départ. Les dépréciations sont liées essentiellement aux ajustements de la valeur des actifs de la banque de détail Postbank et de la banque d’investissement. Elles ont représenté à elles seules 5,8 milliards d’euros, les charges de restructuration se chiffrant quant à elles à un milliard.

Désormais, Deutsche Bank a une capitalisation boursière inférieure à celle de Beiersdorf, le fabricant de la crème Nivea … lequel fait toutefois cinq fois moins de chiffre d’affaires.

Sources : Reuters, AFP, La Tribune

Elisabeth Studer – 09 août 2016 – www.leblogfinance.com

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