Devises et taux : Le plan de la BCE pour les NPL a l'agrément de l'Eurogroupe

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(Actualisé avec des précisions, déclarations de Dijsselbloem)

BRUXELLES, 6 novembre (Reuters) – L’Eurogroupe soutient tacitement le projet de la Banque centrale européenne (BCE) d’obliger les banques à constituer de nouvelles réserves pour couvrir les créances douteuses (NPL) à venir, même si un pays comme l’Italie redoute que cette initiative n’ait des conséquences facheuses sur certaines de ses banques.

« Il y a eu un accord général », a déclaré lundi Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, l’instance regroupant les ministres des Finances de la zone euro.

Il a ajouté que le sujet n’avait suscité que peu de débats et que le projet visait à rendre les banques plus solides.

Il est temps à présent de prendre des mesures plus rigoureuses pour éviter que ne s’accumulent à nouveau les créances douteuses et irrécouvrables, a déclaré Danièle Nouy, chargée de la supervision bancaire au sein de la BCE, citée par un responsable européen.

Les bilans des banques de la zone euro ont vu le poste créances douteuses et irrécouvrables gonfler d’un millier de milliards d’euros durant dix années de crise économique et financière, montant qui n’a été que très récemment ramené à près de 800 milliards d’euros.

La BCE s’emploiera à réduire la masse des 843 milliards d’euros de créances douteuses de la zone euro mais avec prudence, a déclaré le mois dernier son vice-président Vitor Constancio, prenant acte des réticences italiennes.

Les nouvelles mesures que doit présenter l’institut d’émission en mars pour traiter l’encours existant des NPL seront différentes des directives qu’il compte émettre pour les NPL nouvellement créées et ne devraient concerner que les banques en situation réellement difficile et non l’ensemble du secteur.

Bon nombre des ministres des Finances de l’Union européenne (UE) pensent qu’un budget de la zone euro, conçu sous la forme d’une capacité budgétaire, serait judicieux pour la stabiliser, a par ailleurs déclaré Dijsselbloem.

Les ministres des Finances de l’UE, hors celui de Grande-Bretagne, ont discuté lundi après-midi des moyens de mieux intégrer entre elles les économies de la zone euro dans les années à venir.

Une capacité budgétaire a ainsi été évoquée, ainsi que la réduction et le partage des risques dans le secteur bancaire en créant un mécanisme de garantie des dépôts européen.

« Bon nombre des ministres ont le sentiment que compléter notre boîte à outils d’une capacité budgétaire comme outil de stabilisation serait utile », a dit Dijsselbloem lors d’une conférence de presse qui a suivi les débats ministériels.

(Jan Strupczewski et Francesco Guarascio, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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