Erasmus : la Suisse a un plan B

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Après le gel des négociations sur la participation suisse aux programmes communautaires Horizon 2020 et Erasmus +, la confédération semblait meurtrie et regretter cette “nouvelle catastrophique”. Le vice-recteur de l’université de Genève expliquait même que son pays espérait créer 8.000 emplois avec Horizon 2020.

Pourtant, dès le lendemain, certaines universités suisses faisaient savoir qu’il existait déjà un, voir des “plans B”. Notamment par la voix d’Olivier Vincent, coordinateur Erasmus à l’Université de Genève qui expliquait, dès mercredi, que son université passerait “désormais par le groupe

Berne croit pouvoir trouver un terrain d’entente

Les Suisses essayent habilement de montrer que “si la situation est regrettable, il existe des solutions alternatives”. Plus précisément trois hypothèses semblent plausibles à leurs yeux : la première consiste à trouver finalement un terrain d’entente et à pouvoir par conséquent reprendre les négociations.

Un diplomate suisse à Bruxelles fait remarquer, à juste titre, que “la Turquie, Israël ou le Monténégro font partie de ces programmes sans être membres de l’Union et donc sans la libre circulation des personnes”. Un argument que réfute Denis Abbott, porte-parole de la commissaire à l’Education, Androulla Vassiliou: “La libre circulation des personnes est un droit fondamental de la construction européenne et nous ne marchanderons pas dessus car l’UE est composée de 28 et non de 27+1 Etats”.

Les Suisses prêts à payer les bourses

Seconde hypothèse : une participation indirecte de la Suisse, comme jusqu’en 2011. La Confédération payait jusqu’alors les bourses des étudiants accueillis en Suisse ainsi que celles de ses ressortissants partis étudier dans les universités membre du réseau Erasmus. “À court-terme, c’est possible, mais pour la période 2014-2020, on estime à 6.000 le nombre d’étudiants venant en Suisse chaque année universitaire et à 4.500 ceux faisant le chemin inverse”, explique le porte-parole de la Commissaire.

Pour la Suisse, cela représenterait une dépense substantielle quand on sait qu’en moyenne, la bourse fournie par Erasmus pour un étudiant français se rendant en Suisse fluctue entre 200 et 300 euros par mois! Auquel il faut ajouter 150 euros pour un stagiaire faisant le même choix de destination.

Pas question de priver les étudiants suisses!

Enfin, troisième possibilité : la négociation d’accords au cas par cas. “Cela nous ferait retomber dans le fonctionnement utilisé par le passé (…) mais on ne va pas priver les étudiants de partir ou de venir chez nous”, expliquait Pierre Willa, responsable des Relations Internationales à l’Université de Genève.

Comme avec le réseau Coimbra ou dans le cadre de relation bilatérale (l’Université Libre de Bruxelles a déjà repris contact avec l’université de Genève), sauf qu’à nouveau, le coût reviendra aux nations concernées. En ces temps de disette budgétaire, pas sûr que la rallonge soit du goût de tous! Et même à Genève où on essaye de masquer la gravité de la situation: la preuve, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Yves Rossier, a sollicité le directeur général administratif du Service européen pour l’action extérieur, David O’Sullivan, pour aborder la question ce mercredi après-midi.


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