Faut-il arrêter d’acheter les valeurs automobiles allemandes?

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Les marchés financiers confirment cette semaine le rôle directeur des statistiques américaines. A une semaine de la saison des résultats trimestriels des compagnies, l’optimisme des investisseurs se modère. Pendant les dix premières semaines de l’année, la révision progressive des estimations de la croissance américaine a porté les marchés et a permis à Wall Street d’enregistrer de nouveaux records. Le retour d’incertitudes a justifié cette semaine des prises de bénéfices sur des niveaux qui restent élevés. Ce sont à la fois les propos nuancés du patron de la Réserve Fédérale, et une statistique indiquant une dégradation de l’emploi américain, qui expliquent le repli de plus de 1 % des indices globaux de Wall Street et celui, deux fois plus fort de l’indice du Nasdaq.

Les doutes sont simples à résumer : après des révisions à la hausse du taux d’expansion de l’économie, on entre dans une période d’ajustement, et d’abaissement le cas échéant. Les conséquences des réductions automatiques du Budget fédéral ont amplifié ce sentiment.

Rien de vraiment inquiétant, mais, après un beau début d’année, les éléments qui poussent à une poursuite de la hausse se font plus rares. La modération du rebond conjoncturel des pays émergents, Chine en tête, incite à une position attentiste. Une modération qui se retrouve dans l’évolution des cours des matières premières. Du coté européen, le point bas du cycle, d’abord attendu au premier trimestre, puis au second est désormais anticipé dans le meilleur des cas à l’automne.

Le principal élément de soutien reste apporté par les banques centrales qui, au-delà des nuances des discours, continuent à soutenir à tout prix les économies. Un élément favorable aux entreprises et, aussi, directement aux marchés boursiers. La stratégie très offensive de la Banque du Japon en est une illustration et la hausse de 22,5 % de l’indice Nikkei 225 depuis le début de l’année illustre bien le doping ainsi apporté aux actions.

Au total, les Décideurs de la Gestion adoptent une attitude plus prudente à l’approche des publications trimestrielles qui pourraient (un peu) décevoir. Ainsi, avec une majorité de 50 à 60% des portefeuilles consacrée aux actions, ils allègent les secteurs les plus cycliques et prônent un recentrage sur les grandes valeurs internationales bénéficiant d’une forte visibilité et d’une bonne maîtrise des marges (pricing power).

L’analyse macro-économique de la semaine en vidéo :

Trois actions pour un recentrage sur la visibilité

Dans la ligne de la stratégie générale définie, les Décideurs de la gestion ont sélectionné cette semaine Sanofi et Adidas.

Pour le premier (code mnémonique : SAN), un des leaders mondiaux de la santé, l’essentiel des éléments négatifs (l’entrée de médicaments vedettes dans la concurrence des « génériques ») est intégré dans les cours, peut être même de façon excessive. Les ratios d’évaluation sont très modérés. Les bénéfices estimés pour 2013 sont capitalisés moins de 13 fois et le rendement du dividende atteint 4%.

Adidas (code mnémo : ADS sur les Bourses allemandes) peut revendiquer un modèle économique qui réplique celui des grands mondiaux du luxe (marque forte, pricing power, retombées de la croissance économique mondiale) tout en présentant des multiples (15 fois pour les bénéfices 2013 estimés) sensiblement inférieurs. Un rattrapage est à jouer.

Le joker de la semaine est – de façon apparemment paradoxale – la banque française (et même européenne) la plus solide. L’action BNP Paribas (code mnémo : BNP) a perdu 11 % en un mois et 14 % en trois mois. Une sanction excessive et liée à l’exposition italienne du groupe. Un achat opportuniste est conseillé dans les cours actuels.

A l’inverse, le conseil de vente des Décideurs de la gestion cette semaine concerne des vedettes des 18 derniers mois : les valeurs automobiles allemandes. Outre l’évaluation désormais élevée, elles sont pénalisées sur leur marché par un net ralentissement des ventes et, à l’international, par la baisse du yen par rapport à l’euro qui les fragilise par rapport aux concurrents japonais.

Les conseils boursiers de la semaine en vidéo :

Hubert Tassin pour Challenges

Chaque semaine autour d’Hubert Tassin, les spécialistes de la gestion décryptent les données, ajustent les stratégies, donnent des conseils précis pour Décideurs TV, en partenariat avec Challenges. Cette semaine : Marc Favard (Amilton Asset Management).


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