Grèce : 3eme versement d’une aide contre pression accrue ?

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Réelle volonté d’aider la Grèce, au bord du gouffre, ou but non affiché de la rendre chaque jour un peu plus dépendante de la finance internationale ?
En tout état de cause, un responsable de la Banque centrale européenne (BCE), l’Allemand Jörg Asmussen, a laissé entendre mercredi à Athènes, que la Grèce pourrait recevoir un troisième versement financier en vue d’assurer le maintien de son économie. Une aide qui serait toutefois octroyée à condition qu’Athènes respecte scrupuleusement ses engagements financiers. Ce membre du directoire de la BCE a ainsi souligné qu’une « assistance supplémentaire » pourrait être fournie au gouvernement grec lorsqu’il aura rempli ses engagements inscrits dans son « plan d’assainissement budgétaire ».

Des propos qui font suite à ceux du ministre des Finances allemand, mardi, allant également dans ce sens. Lors d’une réunion électorale en vue de préparer les élections législatives du 22 septembre prochain, Wolfgang Schäuble, a en effet déclaré que la Grèce avait besoin d’une nouvelle aide budgétaire.  Position nuancée rapidement par la chancelière allemande Angela Merkel, cette dernière précisant qu’aucune décision ne serait prise avant l’année prochaine.

Parallèlement, dans un entretien à un quotidien finlandais, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a indiqué mercredi qu’il envisageait une nouvelle aide à la Grèce, cette dernière pouvant s’établir sous forme d’un allongement de la durée de remboursement de ses emprunts.
La Commission, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international pourraient ainsi réévaluer le programme grec de réformes ainsi que la viabilité de la dette de la Grèce durant l’automne. Olli Rehn  ajoutant que la « question-clé est la capacité de la Grèce à réaliser les réformes du programme actuel et à atteindre, dans ses finances publiques, un excédent primaire structurel».

Fin juillet, le Fonds monétaire international (FMI) avait d’ores et déjà demandé à l’Union européenne d’étudier la possibilité de verser une nouvelle aide à la Grèce en vue de garantir la viabilité de sa dette.

Lundi dernier, Athènes a tenu à rassurer ses créanciers de l’UE et du FMI en indiquant que le limogeage du président du fonds grec chargé des privatisations (Taiped) n’allait pas affecter son plan de privatisations auquel elle s’est engagée en échange des prêts consentis.
Le Taiped annonçant dans la foulée le lancement d’un concours international pour la cession de 100% de la société de maintenance du réseau ferroviaire Rosco, laquelle figure sur la liste des privatisations. Rappelons que l’année dernière, la société publique des chemins de fer OSE avait été scindée en deux entités : Rosco et Trainose (opérateur ferroviaire). Une opération destinée à faciliter sa cession au privé.

La semaine dernière, le gouvernement grec a cédé pour 652 millions d’euros au consortium greco-tchèque Emma Delta, seul candidat en lice, 33% des parts de l’Etat au sein de l’Opap, une des sociétés publiques les plus lucratives. Cette privatisation qu’Athènes considère comme un signe positif pour les marchés, d’autant plus qu’il s’agit de la première privatisation importante de cette année.

Rappelons que les créanciers de la Grèce la pressent constamment afin qu’elle fasse avancer son plan de privatisation alors que ce dernier subit d’importants retards. Il a récemment été révisé à la baisse à 1,6 milliard d’euros contre 2,6 milliards initialement.

Sources : La Tribune, AFP

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 21 août 2013

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