Grèce : les restrictions sur les saisies immobilières levées ?

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Les banques grecques, en manque de liquidités, n’ont pas l’autorisation de mettre aux enchères la plupart des biens immobiliers en première acquisition dont les propriétaires sont devenus insolvables, en vertu d’un blocage décrété en 2010 pour protéger les foyers frappés par la crise.

Ce gel sur les enchères forcées, déjà prolongé à trois reprises, expire le 31 décembre prochain et le ministre des Finances Yannis Stournaras est opposé à son renouvellement.

« Si les enchères ne sont pas libéralisées, les banques s’effondreront », estime cet économiste dans les colonnes du journal dominical Realnews.

Pression de l’Union européenne et du FMI

L’Union européenne et le Fonds monétaire international, bailleurs de fonds d’Athènes qui ont dépensé quelque 38 milliards d’euros pour sauver les banques grecques, font pression sur le gouvernement du conservateur Antonis Samaras pour qu’il prenne de mesures afin d’assainir le bilan des établissements financiers.

Mais plusieurs parlementaires issus de la coalition bipartite au pouvoir, alliant conservateurs et socialistes, sont opposés aux saisies dans un contexte de chômage record et de salaires en chute libre.

« Les gens prendront les armes (…). Un marché immobilier qui s’effondre vaut mieux qu’une guerre civile », a déclaré récemment l’élue conservatrice Sophia Voultepsi.

Onze autres élus du parti conservateur Nouvelle démocratie d’Antonis Samaras et du parti socialiste Pasok sont ouvertement favorables à l’extension du blocage, rapporte le journal Eleftherotypia.

Des mesures pour protéger les plus vulnérables

Yannis Stournaras répond que des mesures seraient prises pour protéger les plus pauvres. « Il y aura des critères sociaux et économiques pour protéger les personnes vraiment dans le besoin. »

Le gouvernement Samaras n’a que cinq sièges de majorité à la Vouli, le parlement monocaméral de 300 membres.

Le gel concerne actuellement les primo-acquisitions d’une valeur inférieure à une fourchette de 300.000 à 495.000 euros, en fonction du statut marital et familial des propriétaires.

Huit habitants sur dix propriétaires de son logement

La proportion de propriétaires est très importante en Grèce, atteignant un taux de huit habitants sur dix.

Les emprunts immobiliers constituent une large part des créances douteuses des banques grecques, qui sont montées à 29% des créances totales après six années de récession dans le pays.

(Avec Reuters)


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