Grèce : nouvelle recapitalisation des banques nécessaires ?

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Si certes les banquiers centraux se sont récemment mis d’accord pour alléger les règles de la réforme dite de Bâle III, laquelle vise à renforcer la solidité financière des banques en les contraignant à augmenter leurs fonds propres … il n’en demeure pas moins que les banques grecques se trouvent en bien mauvaise posture. Et par delà, l’Etat grec lui-même ….

La Banque de Grèce (BdG) a en effet estimé jeudi que les banques grecques pourraient avoir besoin de nouveaux capitaux, et ce, quand bien même ces dernières aient d’ores et déjà fait l’objet d’une recapitalisation en juillet 2013. Raisons invoquées : le nombre élevé de leurs créances douteuses. Ces dernières représentant désormais environ 30% de l’ensemble de leurs crédits octroyés.

« Le remboursement tardif des prêts pourrait conduire à la réduction des capitaux des banques et à la nécessité de capitaux pour assurer les provisions élevées » a ainsi estimé Georges Provopoulos, gouverneur de la BdG, lors d’une audition devant une commission parlementaire. Estimant probable de recourir à d’avantage de fonds propres, sans fournir toutefois plus amples précisions sur les banques éventuellement concernées.

« Si un renforcement de leur capital s’avère nécessaire, le Fonds hellénique de Stabilité financière (FHSF) pourrait disposer du montant restant de la recapitalisation, qui s’élève entre 8 et 9 milliards d’euros », a par ailleurs ajouté M. Provopoulos.

Des propos qui interviennent alors que la BdG évalue actuellement les plans de restructuration des banques, examinant parallèlement les conclusions de l’audit de BlackRock sur le deuxième cycle de leurs tests de résistance.

Rappelons que les quatre principales banques de Grèce – la BNG, la banque du Pirée, Alpha et Eurobank – ont été recapitalisées en printemps 2013 via des prêts octroyés au pays par ses créanciers internationaux que sont l’UE, la BCE et le FMI. Au total 50 milliards d’euros ont été octroyés au FHSF pour le processus de recapitalisation, dont près de 40 milliards ont d’ores et déjà été utilisés.

Selon une étude du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), en décembre 2012, la Grèce figurait en deuxième position sur la liste des pays membres de l’Union européenne plus grands détenteurs de prêts non remboursés, se positionnant derrière l’Irlande, laquelle enregistrait alors un taux de 24,4%.

Mais les difficultés des banques grecques pourraient rapidement rebondir sur l’Etat grec lui-même, alors qu’Athènes est confronté depuis de nombreux mois à un déficit public majeur, l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) estimant ce déficit à environ 11 milliards d’euros.

Le gouvernement grec souhaite en effet utiliser les montants disponibles du fonds grec de sauvetage des banques pour tenter de refaire surface. Et respecter ses engagements pris auprès de l’UE et du FMI.

Sources : AFP, L’Expansion, Reuters

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 16 janvier 2014

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