Iran : une position stratégique entre UE et Russie pour la fourniture de gaz en cas de rupture des livraisons russes

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L’Iran recadrée par la Russie ? Alors que les deux pays ont signé récemment trois nouveaux accords de coopération nucléaire et que les deux parties ont exprimé leur satisfaction face à la mise en exploitation de l’unité 1 de la centrale iranienne de Bouchehr,
Téhéran pourrait en parallèle mener une fine stratégie en vue d’adoucir la politique des Occidentaux à son égard, agitant le spectre d’une pénurie énergétique en Europe.

En tout état de cause, alors même que le président iranien Hassan Rouhani affirmait il y a peu de jours que l’Iran était prête à d’exporter du gaz en Europe à travers le territoire autrichien, le dirigeant semble désormais mesures ses propos.
Dans le cadre d’un interview accordé à la télévision russe Rossiya 1, ce dernier vient en effet de déclarer à la télévision que son pays n’était pas encore capable de remplacer la Russie en tant que fournisseur principal de gaz de l’Europe.
Il a ainsi admis que si l’Iran occupe certes la deuxième place au niveau mondial en terme de réserves de gaz, les quantités exportées sont moindres que celles qu’elles devraient être, la priorité étant mise sur la demande domestique. Or, le président a tenu à le rappeler, si Téhéran éprouve des difficultés pour subvenir à ses propres besoins internes en hiver, la demande afflue durant la même période, tant en provenance de la partie orientale du globe que de l’Occident.
Résumant ainsi la situation : « tous nos voisins souhaitent nous acheter noter gaz avant même que nous l’ayons extrait ».

Hassan Rouhani a ainsi prévenu – se régalant à mener un jeu subtil entre chantage et négociation – que, contrairement à la pensée commune, si la Russie stoppait ses  fournitures de gaz en rétorsion aux sanctions  prises pour infléchir sa politique menée en Ukraine , l’Iran ne sera pas en capacité d’approvisionner le marché du volume manquant.

Ces propos interviennent alors que lors d’une récente rencontre avec le Président autrichien Hans Fischer, le ministre iranien du pétrole a déclaré que l’Iran pourrait être un point central pour la fourniture d’énergie vers l’Europe.

Selon les officiels iraniens en charge du secteur de l’énergie, la construction du pipeline IGAT-9 (Iran Gas Trunkline-9) devrait permettre en effet d’améliorer la fourniture de gaz dans la partie ouest du pays et de faciliter les futurs exports de gaz vers les pays européens. Le gazoduc long de 1800 kilomètres, s’étendra d’Assaluyeh dans le Sud de l’Iran vers les provinces occidentales et nord-occidentales.

Précisons que la National Iranian Gas Company (NIGC) projette d’investir 8.5 billion de dollars dans le pipeline IGAT-9, (connu comme étant l’Europe Gas Export Line). Lequel transitera par le Kurdistan, l’Azerbaïdjan avant d’atteindre les frontières de la Turquie.

Simple hasard ? Selon le Quotidien «Eghtesad», la société américaine General Electric a fait part de sa disponibilité à mener, en cas de la levée des sanctions, des activités économiques, en Iran. «De nouvelles opportunités économiques sont en train de surgir, au Moyen-Orient, et l’Iran est l’un des pays qui est de mise, dans ce domaine», a déclaré John Rice, vice-Président de la compagnie américaine. «Les sociétés américaines ont un vif intérêt, pour mener des activités, en Iran», a-t-il, encore, précisé. No comment …

Elisabeth Studer – 05 octobre 2014 – www.leblogfinance.com

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