Israël : 20 % de l’économie serait souterraine

Mots-clefs : , , ,

Chiffre pour le moins impressionnant ! Si l’on en croit les données de la Banque mondiale, un cinquième de l’économie israélienne, soit 53 milliards de dollars, ne serait pas déclaré. Une tactique qui – le cas échéant – placerait l’Etat hébreu sur le podium des pays dotés d’une économie souterraine, bien loin devant les Etats-Unis où cette part s’élève à 10 %.

Yehouda Nesserdici, le directeur des Impôts d‘Israël vient d’indiquer devant la commission des Finances de la Knesset. que la fraude fiscale était estimée à un montant de 20 milliards de shekels. Selon cette estimation, 2,5% du produit intérieur brut (PIB) échapperait à l’Etat.

Notons que c’est la première fois qu’un haut fonctionnaire israélien prend le risque d’annoncer de tels chiffres.

Selon le quotidien Globes, le directeur des Impôts aurait par ailleurs indiqué que «selon les chiffres de la TVA qui reflètent la consommation, ce ne sont pas seulement les riches qui fraudent mais aussi le petit peuple ».

Si l’on en croit le fisc israélien, les impôts qui subiraient le plus d’assaut des fraudeurs seraient la TVA, l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu. La fraude consisterait principalement à employer des salariés sans les déclarer, ou, pour les travailleurs indépendants gérant des petites entreprises de cacher au fisc une partie de leurs revenus.

Premiers bénéficiaires de la situation ? Les banques helvétiques. Selon les statistiques de la Banque nationale suisse, les fonds déposés par des ressortissants de l’Etat hébreu en Suisse s’élevaient ainsi à 8,6 milliards de francs à la fin 2013.

Néanmoins, comme on pouvait s’y attendre, de tels propos ont provoqué l’ire du président de la Fédération interprofessionnelle d’indépendants et de PME, Yehouda Talmon, lequel a protesté contre la généralisation faite par le fisc. Il a ainsi exigé que le Directeur du fisc présente ses excuses pour les propos « diffamants » qu’il a tenus à la Knesset.

Maigre consolation, la situation semble s’être améliorée, car au début des années 2000, la Banque Mondiale estimait que l’« activité non officielle » en Israël représentait 29% du PIB; plaçant ainsi Israël au tout premier rang des pays développés, avec la Grèce (29% du PIB), et avant l’Italie (27% du PIB), la Belgique, le Portugal et l’Espagne (23% du PIB chacun).

Sources : letemps.ch, Israël Valley, Globes

Elisabeth Studer – 26 février 2015 – www.leblogfinance.com


Le Blog Finance

Partager cet article